Les reculées de la Haute Seille

Les reculées de la Haute Seille ne sont pas des reculées comme les autres. Succession de petites vallées, elles recensent grottes et rivières souterraines. Les saisissantes falaises qui les entourent, dressées à la verticale, abritent plantes et animaux, et font le petit charme de ces grands murs naturels. Pour arroser ce paysage vivant, nombre de sources de la Seille prennent naissance au fond de ces vallées.

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Parmi ces nombreuses reculées, celles de Ladoye-sur-Seille et Blois-sur-Seille se différencient par leur patrimoine culturel.

Le téléphérique à lait

Ladoye-sur-Seille, est à première vue une petite commune comme les autres. Mais finalement, peut-être pas tant que ça. Le village a une grande particularité ! Il est encore très marqué par les modes de vie passés de ses citoyens. Autrefois, les villages des reculées avaient souvent un ou deux hameaux aux alentours, un peu écartés du centre. À Blois-sur-Seille, il y avait celui de Chaumois-Boivin. C’est ici que les paysans cultivaient leurs terres, et qu’ils emmenaient paitre leur bétail. Le lait était ensuite emporté à la fruitière. Comme celle-ci était au village, les paysans devaient descendre jusque dans la vallée. Et c’est ainsi, que deux fois par jour, après la traite, des voitures tirées par des ânes descendaient les falaises pour emporter les bidons.

En 1893, ce petit manège quotidien est abandonné. Les agriculteurs ont trouvé une solution : un téléphérique à lait. Plus besoin de faire les trajets, le lait descendait tout seul à la fruitière. Il était déposé dans le panier tiré par des câbles, qui l’acheminait jusqu’au village. Les habitants ont pris l’habitude de l’appeler le «monte-lait», même si finalement, le lait descendait… En 1982, la fruitière a fermé, obligeant le remonte-lait à cesser son activité. Aujourd’hui, c’est sans difficulté que nous imaginons les bouilles à lait descendre, le téléphérique ayant été restauré en 1999.

Des pierres et des cabanes

Sur le premier plateau, l’histoire a laissé des traces. De surprenantes bâtisses de pierres sèches entourées de murgers. Entièrement montées de pierres plates, elles révèlent la présence d’une activité agricole passée importante.

Autrefois, lorsque les paysans retiraient les pierres qui parsemaient leur champ, ils les empilaient autour de la parcelle, en formant un petit muret. Ce mur de pierre que l’on appelle murger, délimitait alors les terres. C’est donc petit à petit que ce paysage de pierres sèches est sorti de terre. Ces cabordes à l’architecture voutée, ont dans un premier temps été habitées. Les agriculteurs, qui s’y abritaient et entreposaient leurs outils le temps d’un repas. D’un confort plus que précaire, elles étaient cependant pourvues de bancs de pierre qui longeaient les murs. Puis l’agriculture a évoluée, laissant place à l’élevage. Les agriculteurs ont cédé leurs abris aux agriculteurs-éleveurs qui gardaient leurs troupeaux.

Si ces cabanes de berger restent mystérieuses quant à la date de leur construction, une chose est sure, elles ont au moins 150 à 200 ans. Plusieurs hypothèses ont été émises : peut-être que ce sont des œuvres gauloises, ou alors elles datent du Moyen-Age. Le mystère reste complet. Encore plus énigmatique, il n’y en a pas deux pareilles ! Chaque cabane à sa forme particulière, ce qui laisse les historiens dubitatifs.

Pour profiter de ce paysage de pierres sèches, rendez-vous à La Marre, d’où part le «sentier des pierres sèches». C’est un peu après le village, dans un paysage de bocage que vous les trouverez, cachées sous les arbres.