Le rythme d’octroi des crédits se stabilise

Cela devrait perdurer sur cette fin d’année. Laurent Pernot, gérant du cabinet franchisé In&Fi Crédits, a remarqué plusieurs signaux positifs.

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Pour Laurent Pernot, gérant du cabinet franchisé In&Fi Crédits, la mensualisation du taux d’usure depuis février (calculé auparavant tous les trois mois) a permis de « fluidifier » les dossiers en cours. Elle a permis aussi aux banques d’augmenter leurs taux d’intérêt plus rapidement et en corrélation avec les hausses régulières des taux directeurs dictés par la BCE.

 

La profitabilité des crédits de retour

 

« La problématique du taux d’usure était une problématique de rentabilité pour les banques », explique, pédagogue, Laurent Pernot. Avec la hausse régulière des taux d’intérêt, liée à la mensualisation du taux d’usure, il semblerait que la profitabilité des crédits commence à faire son retour dans les banques.

Chez In&Fi Crédits et ailleurs, on voit ainsi des établissements qui avaient disparu revenir prudemment pour produire des crédits. « Nous sentons que les établissements bancaires préparent 2024. »

Mais les taux ont été quasiment multipliés par quatre en un an donc la capacité d’emprunt est forcément grevée. « Nous sommes sur des taux qu’on avait connus il y a une dizaine d’années avec, par contre, un décalage du coût de l’immobilier. » Comme il y a peu de biens à vendre, les prix stagnent.

Il est ainsi impossible de financer sans apport personnel. « Dans une période de « credit crunch », préparer son dossier de demande de crédit en amont avec un professionnel est primordial, insiste le courtier. Le maitre mot pour un projet immobilier est de préparer son dossier le plus tôt possible, de façon à ce qu’il soit prêt si le projet vient à se concrétiser. » Car il est encore intéressant d’acheter aujourd’hui.

Laurent Pernot précise que pour les dossiers d’investisseurs, « le HCSF (haut conseil de stabilité financière) complique grandement la vie, ce qui explique les problèmes de logements pour les étudiants ou de locations qui sont pointés du doigt actuellement ».

Avec ce volume de transactions en moins, les habitants restent dans leur logement. Il n’y a plus le turn over habituel. Quant aux investisseurs potentiels, ils sont sans doute freinés par les taux et les nouvelles obligations de performance énergétique. « Il y a une vraie problématique de politique du logement en France » et sans parler du manque à gagner des collectivités territoriales sur les frais de mutation…

Mais le professionnel est optimiste. Le rythme d’octroi des crédits devrait rester correct sur cette fin d’année. Et il pense même à un « redémarrage un peu plus costaud pour le début d’année 2024 ». Si les incertitudes devaient trop perdurer, c’est toute l’économie qui pourrait être impactée négativement et pas seulement la question de loger les Français.