Intelligence artificielle

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Gérard Bouvier.

Jean-Luc Godard ne portait pas la télévision dans son cœur.
Il disait « La télévision fabrique de l’oubli. Le cinéma fabrique des souvenirs ». Il
prêchait pour sa paroisse. Il disait aussi « Quand on va au cinéma on lève la tête.
Quand on regarde la télévision, on la baisse ».(1)
Et depuis peu on la bouge avec les lunettes de réalité virtuelle ou de réalité
augmentée.
À la fin des années 30, dans Science et Vie, magazine scientifique qui sait de quoi il
parle, un journaliste enthousiaste lâchait prise dans une envolée dithyrambique (2) :
« Demain, le téléviseur sera partout nous apportant sur un petit écran inclus dans
une boiserie, les images et les paroles de l’actualité de la veille. Sa grande diffusion baissera son coût au point que l’on peut imaginer sans se tromper que dans
cinquante ans il y aura un poste de télévision dans chaque village dans une grande
salle communale où les gens se regrouperont à la veillée pour partager et
commenter des images venues jusqu’à eux depuis les grandes villes de France.» (3)
Le journaliste avait du talent mais il est bien difficile d’imaginer où nous mène le
progrès. Notre imagination est infinie mais l’infini c’est peau de balles quand il s’agit
de prévoir l’avenir et parfois le progrès court si vite qu’il nous sème en route (5).
Aujourd’hui nous avons connu aussi l’ordinateur, le smart phone, les
reconnaissances vocale et faciale, l’écran plat, le coussin péteur (6), le GPS (7), les
rovers qui se baguenaudent sur Mars. Et nous connaitrons bientôt l’intelligence
artificielle…
Le progrès dans les relations entre humains est plus urgent et nécessaire que le
progrès technique écrivait Edgar Morin.
Mais il ne disait pas comment faire… Attendons l’intelligence artificielle pour nous
l’apprendre.

 

 

Notes
(1) Coluche disait : On ne peut pas dire la vérité à la télévision, il y a trop de monde
qui regarde. Et Desproges ajoutait : Et puis quoi, qu’importe la culture ! Quand il a
écrit Hamlet, Molière avait-il lu Rostand ? Non !
Ça n’avait rien à voir avec la télé mais il était comme ça Desproges.

(2) On le sait peu parce beaucoup d’entre nous ne se posent pas la question tous les
jours mais le dithyrambe nous vient de Rabelais en 1552 qui popularisa ce mot venu
du latin et qui désignait « un poème en l’honneur de Bacchus », un fameux soiffard.
Bacchus (Dionysos chez les grecs) était le dieu de la Vigne, du Vin et des Festivités.
C’était -déjà à l’époque- plus prisé que d’être Secrétaire d’État aux Anciens
Combattants. Il avait vite trouvé la combine pour se faire rajouter la Danse, la
Végétation, les Plaisirs de la vie et les Débordements (sic). Comme cette nomination
était valable (sur l’Olympe comme en Corée du Nord) dès son entrée en fonction et à
titre définitif il connu bien plus tard des moments difficiles. Mais je ne m’étendrais pas
sur le sujet, chacun sa m….

(3) Il ne disait pas si ces salles dédiées seraient ouvertes au commerce des
esquimaux et du popcorn.
C’est en 1922 que Christian K. Nelson inventa la crème glacée enrobée de chocolat
et fixée sur un bâtonnet. Le concept était novateur mais sa mise au point fut
salissante et il y eu bien des frais de laverie heureusement déductibles des impôts de
la société. Qu’il fonda. C’est la cas de le dire. Que de balai de serpillières dans les
couloirs ! Mais le succès en découla le long du bâton et la friandise était prête à se
trouver un nom quand sortait dans les salles, cette même année 1922, le premier
documentaire long métrage qui a marqué l’histoire du cinéma, Nanouk l’Esquimau de
Robert J. Flaherty décédé le 23 juillet 1951 à Vermont (4) dans le Montana.
L’Esquimau immigre en France en 1931 dans les glacières de l’entreprise Gervais et

comme c’est justement en 1931 à Paris l’Exposition Coloniale Internationale,
l’Esquimau eut tôt fait de perdre sa majuscule pour devenir un nom commun si
calorique que ç’en est glaçant pour qui est respectueux de sa garde-robe.
En fait, je voulais vous retracer ici l’histoire du popcorn mais vous voyez bien que je
n’ai plus la place. C’est d’autant plus regrettable que l’invention du maïs soufflé
venue du Pérou, 5 000 ans avant J.-C., révisée et perfectionnée par les Indiens
Iroquois au XVIIème siècle a connu -elle aussi- un succès éclatant.

(4) Si vous souhaitez vous y rendre sachez qu’il n’y a pas de vols direct. Il vous
faudra faire escale à Philadelphie, ou à Detroit ou à New York ou à Washington. Ça
laisse du choix mais -pour autant- le voyage reste un peu aventureux. Si vous avez
le goût du voyage pourquoi ne pas commencer par Angoulême. Ça n’est pas très
loin de Cognac.

(5) Qu’on l’appelle « le petit écran », « la téloche » ou « l’étrange lucarne », la
télévision a pris une place de choix dans nos foyers et nous occupe bien plus que
nos conjoints ou nos enfants bien qu’ils bougent aussi beaucoup et soient en
couleur. Nous y consacrons 3 heures 47 par jour y compris la nuit et nous sommes
nombreux à nous demander ce que nous pouvons bien faire le reste de notre temps.

(6)  À 6 euros79 en ligne, le coussin péteur est à l’a portée de toutes les bourses.
Les fouineurs pourront trouver des lots de 5 pour 33 euros 95. C’est un peu cher
mais tout dépend si l’on en a l’usage ou pas, naturellement. Sinon c’est un peu de
l’argent qui n’a pas d’odeur mais qui part en fumée, jeté par les fenêtres.

(7) Le GPS a révolutionné le tourisme en nous permettant d’aller nous perdre dans
des coins de France où nous n’aurions jamais mis les pieds de notre vivant. Et d’en
profiter longtemps ne sachant plus par quel itinéraire en repartir. Et même parfois de
prendre langue avec un autochtone dont l’accent est si pittoresque.