Fin août

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Je redoute la fin août, lorsque l’été décline,
Quand des plages longilignes, s’extirpent les estivants.
L’insouciance révèle son indubitable impasse,
Comme trop souvent trépasse, l’amour effervescent.

 

Je redoute la fin août, ses matinées brumeuses,
Les empreintes silencieuses et lugubres du doute.
Le passé, la distance, mon enfance, ton absence,
Ton manque d’explications, quand pourtant je t’écoute.

 

Je redoute la fin août, son point de non-retour,
Impossible toujours, fatal éloignement.
Les couleurs qui palissent, les idylles qui finissent,
Ces âmes en peine, soudain, seules face à l’océan.

Hier encore se trouvaient, à portée, transmissibles,
Désirs et idéaux, mutuels et accessibles.
Mais quand les intérêts deviennent trop divergents,
L’insécurité noie tous les autres sentiments.

Je redoute la fin août, et la rentrée des classes,
Les agendas voraces, qui engouffrent notre temps.
Qui cloisonnent l’existence, en destins parallèles,
Souvent conventionnels, ennuyeux, défaillants.

Va s’approcher l’automne : marronniers, cour d’école.
Les semaines quadrillées entre livres et cahiers.
Ce cadre académique, dont on ne doit sortir.
Restrictives théories nuisant à s’épanouir.

Je redoute la fin août, comme on a peur du vide,
Prisonnier, il se peut, de phobies illusoires,
Qui boxent dans la case de tourments traumatiques,
Mais l’écrire m’aide aussi à m’en apercevoir.

Je redoute la fin août, lorsque l’été décline,
Quand des plages longilignes, s’extirpent les estivants.
L’insouciance s’enfuit, et va laisser sa place,
Au quotidien normal, beaucoup moins amusant.