Exclusif : Courlans achète la plateforme de l’aérodrome

La commune est désormais propriétaire du hangar principal de 600 m2, d’un bâtiment d’accueil et de la salle de réunion. Le maire, Alain Pattingre, souhaite ainsi conserver l’activité aéronautique, voire la développer.

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Le maire, Alain Pattingre, est satisfait d'avoir conservé le patrimoine et l'activité aéronautique, tout en réalisant une opération blanche pour la commune.

« J’ai rencontré le président de la CCI, Jean-Pierre Parizon, et le directeur, Luc Drevet, en fin d’année dernière, raconte Alain Pattingre, maire de Courlans. J’ai appris qu’ils avaient obligation par l’Etat de vendre la plateforme de l’aérodrome à une collectivité puisque son activité n’est pas liée directement à l’économie. »
Tout de suite, l’élu a compris qu’il fallait se positionner pour conserver ce patrimoine, les huit associations qui l’utilisent, l’activité et les bâtiments. « J’ai organisé une réunion avec mes adjoints, puis j’en ai parlé au conseil municipal. » Des échanges avec l’ancien président de l’association aéroclub, Stéphane Cerruti, ont suivi, association qui gère le bâtiment de 600 m2, le chalet en bois et l’ancien mille club ; ainsi qu’avec le président du Cepal, François Chevet, qui gère les six autres bâtiments.
Après une expertise par un agent immobilier, Alain Pattingre a présenté le projet à son équipe lors du conseil municipal du 27 janvier 2023. Unanimement, les élus courlanais ont proposé à la chambre consulaire d’acheter les 3 ha 92 a 64 ca et les trois bâtiments de l’association pour 90 000 euros. Les présidents des deux associations ont expliqué qu’ils poursuivraient leur travail de gestion.
La CCI a délibéré le 8 mars dernier pour autoriser cette vente. « Nous sommes allés chez le notaire le 25 mai dernier », dévoile Alain Pattingre, satisfait qu’une commune de moins de 1 000 habitants ait su préserver l’activité, qui pourrait même se développer. « Il nous reste à faire des conventions avec la direction de l’aviation civile, le Cepal et l’association aéroclub », précise encore l’élu.
Un élu qui peut se targuer d’avoir en plus effectué une opération blanche. En effet, l’équilibre financier se fera par la redevance d’occupation des sols, reversée par le Cepal.

Toute une histoire

L’aérodrome, c’est aussi toute une histoire qui démarre le 12 janvier 1932. Le maire de Courlaoux, Gilbert Bussière, signe alors une promesse de bail avec le président de l’aéro-club, Henri Baud. Ses membres sont à la recherche d’un terrain plat, suffisamment long pour faire décoller un avion. La première fête d’aviation a lieu en 1933, elle comprend un rallye et un meeting. En 1935, l’agrandissement de l’aérodrome est décidé.
La déclaration de guerre stoppe les activités. La Résistance organise des départs pour Londres sur le terrain baptisé « Courgette ».
Après la guerre, les activités reprennent. En plus des avions, des sauts en parachute sont présentés. Quand il y a des manifestations, la route nationale 78 est fermée entre Courlaoux et l’entrée du hangar.
L’éventualité envisagée en 1972 de transférer l’aérodrome sur un emplacement moins concerné par l’extension urbaine et industrielle ayant été finalement écartée, l’aérodrome de Courlaoux repasse sous la main de la chambre de commerce par mutation domaniale après que l’Etat conclut avec elle, en 1991, un échange de parcelles aboutissant à l’actuelle configuration de l’aérodrome.
Depuis le 25 mai, la commune de Courlans écrit un nouveau chapitre…