Éditorial

L'heure d'hiver

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Les dimanches d’octobre sont voilés, pluvieux, tristes et ennuyeux,
Des temps faibles et désagréables, où la lassitude nous emporte.
Un frisson dans la nuque rappelle l’humidité qui nous enveloppe.
On est passé à l’heure d’hiver, brumeuse reste la lueur des cieux.

Les dimanches d’octobre m’angoissent, comme ces repas en famille,
Où l’on ne se sent pas à sa place, d’où l’on préférerait s’extirper,
Partir ailleurs, à la conquête d’un supplément d’intensité,
D’une exaltation sensorielle, en compagnie d’une jolie fille.

Les dimanches d’octobre me rappellent, souvent, mes premières cigarettes,
Ils portent l’odeur des champignons, des premiers feux de cheminées.
Ils me replongent dans les tourments d’une adolescence mouvementée.
Où l’ennui était nécessaire, et la frustration imposée.

Les dimanches d’octobre, aujourd’hui, sont toujours plus ou moins les mêmes,
Sur ou au bord du pré carré, avec des joueurs, un ballon.
En cela, peu importe d’ailleurs, qu’il soit ovale ou qu’il soit rond.
Ce qui compte c’est l’exaltation, la passion, et tous ses extrêmes.

L’excessif, le spectaculaire, superlatives performances,
L’échange de quelques commentaires, sourire des choses humaines,
S’amuser du déraisonnable, louer ces forces herculéennes,
Qu’il faut pour rester en place, ensemble, avec joie et confiance.

Les dimanches d’octobre sont voilés, pluvieux, tristes et ennuyeux,
Des temps faibles et désagréables, où la lassitude nous emporte.
Un frisson dans la nuque rappelle l’humidité qui nous enveloppe.
On aimerait déjà le printemps, que le terne s’éclaircisse de mieux.