Quand reviendront les jours heureux ?

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Quoi qu’on en pense et peu importe à qui l’on accorde son bulletin de vote ou non, force est de reconnaitre que cette élection législative fut celle de tous les records.
A commencer par celui de l’absurdité, avec une vague de parachutages sans précédent. C’est à dire une kyrielle de candidats invertébrés, habitant à plusieurs centaines de kilomètres de la circonscription où ils candidataient. Lesquels n’ont jamais pris la peine ni de faire campagne, ni de répondre à la presse sur leurs motivations.
D’ailleurs en possédaient-ils réellement ? Vraisemblablement assez peu…
Ensuite (et c’est peut-être un rapport de cause à effet), moins d’un électeur sur deux s’est déplacé aux urnes.
Ce désintérêt croissant des citoyens pour “la chose publique” vient illustrer la désincarnation de bon nombre de nos politiques. La vacuité idéologique dont ils font preuve. L’incapacité que nous constatons de leur part à pouvoir améliorer notre quotidien. En somme, leur inutilité… Pas tous bien sûr, mais la majorité certainement. Preuve en est, voyez dans quel état déliquescent se trouve notre pays et ses institutions.
Prenons l’exemple criant des thématiques des services publics : les fermetures de lits dans les hôpitaux, le manque de personnel (soignant, enseignant, etc…) ou encore les moyens sans cesse décroissants de nos forces de sécurité.
Qu’ils soient de gauche, du (prétendu) centre ou de droite. Comment peuvent-ils promettre, la main sur le cœur face caméra dimanche soir après 20 heures, d’accomplir demain, ce qu’ils n’ont ni voulu ni su entreprendre hier ? Quelles solutions concrètes pour un meilleur devenir ? Pas l’ombre d’une seule. Du moins pas pour l’instant.
Alors le doute est plus que légitime. Et c’est bien là où le bât blesse : les belles promesses n’engagent que ceux qui y croient…
Ainsi, cette crise démocratique s’explique probablement par l’incrédulité que suscite la caste politique dans son ensemble. Mais aussi et surtout l’incertitude, l’amertume, l’appréhension du lendemain…
Le problème, c’est que le ressentiment d’exaspération, de dénégation et de mépris que cette situation génère pourrait prochainement s’exprimer dans la rue de manière encore plus radicale que le mouvement des gilets jaunes que nous avons connu il y a quatre ans. Comment ne pas s’en inquiéter ?
Clin d’œil du destin ou ironie du sort, les sujets du bac de philosophie sortaient à l’instant où je terminais cet éditorial.
La liberté consiste-t-elle à n’obéir à personne ?
Revient-il à l’État de décider de ce qui est juste ?
Est-il juste de défendre ses droits par tous les moyens ?
Si la place et le temps me manquent pour conclure ma démonstration en répondant d’une seule et même tirade à ces passionnantes interrogations (la vérité est multiple, tout est question de choix et de parcours de vie, puisque l’on ne perçoit du monde que ce que l’on peut en observer depuis la place que l’on occupe), je m’autorise cependant à penser que notre route risque d’être encore longue, pentue et effroyablement sinueuse, avant que nous ne puissions tous revivre des jours heureux…