Champagnole. De jeunes Jurassiens relèvent le défi des ruches connectées au FabLab

Un projet inédit mêlant insertion sociale, numérique et apiculture solidaire est lancé au FabLab de Champagnole. Pendant plusieurs mois, une soixantaine de jeunes participeront à la conception de balances connectées pour ruches, au service d’apiculteurs du territoire.

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FabLab Champagnole
Photo d'illustration.

Apprendre autrement, c’est possible. Et c’est même devenu une spécialité au FabLab de Champagnole, où s’ouvre à l’automne 2025 un projet inédit baptisé Collabees Experiment. L’idée ? Associer des jeunes en difficulté, des lycéens, des apiculteurs et des technologies numériques pour créer des balances connectées destinées à surveiller la santé des ruches à distance.


Sous la houlette d’Alain Gicquaire, président du FabLab, et avec la collaboration de la Mission Locale Sud Jura et du soutien de la Fondation Orange et d’un groupe d’apiculteurs jurassiens, les jeunes seront formés aux outils numériques (dessin 2D/3D, impression 3D, découpe laser…) avant de réaliser eux-mêmes les kits de balances connectées.

50 kits de balances connectées

Ces balances, testées avec succès en 2024, permettent aux apiculteurs de suivre le poids, la température ou l’humidité de leurs ruches en temps réel, grâce à une technologie LoRaWAN à très basse consommation. Résultat : moins de déplacements, une meilleure anticipation des besoins des colonies et une réduction de l’empreinte carbone.

Mais l’essentiel est ailleurs. Ce projet est une formidable école de confiance et de solidarité. À l’issue de leur formation, les jeunes deviennent formateurs à leur tour : ce sont eux qui accueilleront les apiculteurs pour leur apprendre à finaliser l’assemblage des kits. Une pédagogie inversée qui renforce l’estime de soi et le lien intergénérationnel.

« On ne fabrique pas que des objets connectés, on fabrique aussi de la fierté et de l’utilité sociale », résume Alain Gicquaire.

Le projet vise à produire 50 kits de balances connectées en un an. Une partie des coûts sera prise en charge par les apiculteurs eux-mêmes, preuve que la démarche suscite de l’adhésion sur le terrain.

Alain Gicquuaire.