À 9 heures, le parking du Pic de l’Aigle ressemblait à une ruche. Les véhicules rouges des pompiers s’alignaient à côté des fourgons de gendarmerie. Un peu plus loin, le SMUR de Lons-le-Saunier et le SAMU terminaient leur installation. Au total, près de 90 personnes participent à l’exercice préfectoral organisé le lundi 15 juin à La Chaux-du-Dombief.
Quelques minutes plus tard, le docteur Carron, médecin-cheffe du Service de santé et de secours médical du Jura, ouvre la marche. Direction le sommet. Le sentier grimpe rapidement entre les pierres et les racines. Les équipes engagées sur le terrain ont commencé à travailler.
L’exercice a été imaginé autour d’un scénario réaliste : un groupe de randonneurs confronté à plusieurs incidents simultanés. “Trois personnes ont chuté dans une zone escarpée. Une autre souffre d’un choc anaphylactique après une piqûre de frelon. Deux randonneurs manquent à l’appel”, explique le Lieutenant-colonel Richard. Une situation suffisamment complexe pour mobiliser l’ensemble de la chaîne de secours.

Le terrain comme principal défi
Au sommet, chacun occupe sa place. Dans les airs, un drone balaie les abords du site à la recherche des personnes égarées. Au bord de la falaise, les spécialistes du secours en montagne installent les cordages. Plus loin, les équipes médicales préparent la prise en charge des blessés.
“On va tester plusieurs choses aujourd’hui : les techniques de corde, les transmissions radio, mais aussi la coordination entre les différents services”, explique le docteur Carron. Le choix du Pic de l’Aigle n’est d’ailleurs pas anodin. Ici, les véhicules ne peuvent pas accéder partout. Le matériel doit être acheminé à pied ou en quad, tandis que les victimes sont évacuées grâce à des dispositifs spécifiques comme la roue tout-terrain.
L’hélicoptère, souvent associé aux secours en montagne, ne fait pas partie du scénario. Faute de disponibilité, les équipes doivent composer autrement. “Cela nous permet aussi de travailler dans des conditions proches de certaines interventions réelles”, souligne la médecin-cheffe.

Une coordination à grande échelle
En contrebas, sur le parking, un autre dispositif prend forme. Le poste de commandement opérationnel centralise les informations remontées du terrain. Cartes, radios et ordinateurs permettent de suivre l’évolution de la situation minute après minute.
“Le rôle du poste de commandement est d’avoir une vision globale de l’événement et de coordonner les moyens engagés”, explique Maxime Dehaud, chef du Service interministériel de défense et de protection civile (SIDPC) de la préfecture du Jura. Entre le terrain et le commandement, les échanges sont constants.
Au fil de la matinée, les victimes fictives sont localisées puis évacuées. Les équipes ajustent leurs méthodes, testent leurs outils et valident leurs procédures. À première vue, les promeneurs croisés sur le sentier pourraient croire à une véritable opération de secours. C’est précisément l’objectif : répéter ensemble pour que, le jour où l’alerte sera réelle, chaque geste soit déjà maîtrisé.

























