Lons : ça roule pour le garage solidaire

L’association qui vend, loue et dépanne à des tarifs défiant toute concurrence les automobilistes peu fortunés se développe aussi sur Besançon et Pontarlier. Un appel aux dons de nouvelles voitures est lancé pour pérenniser l’activité.

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Jean-Yves Ravier, maire de Lons (au centre) et Nicole Paraiso, adjointe au lien économique, lors d'une visite au garage solidaire pour s'enquérir de ses besoins.

-30, -40, -50% : non ce ne sont pas les soldes au garage solidaire du Jura, mais des prix défiants toute concurrence pratiqués depuis 6 ans et l’ouverture du garage rue Blaise Pascal. Installé depuis un an à côté de Juraparc (ancien garage Piacco), le garage solidaire a ouvert une antenne à Pontarlier en 2018 et une autre à Besançon en juillet 2019.
Une expansion logique, car des clients affluent de toute la région au garage lédonien. Comme par exemple cette cliente venue d’Oyonnax « pour des cardans à changer » et qui est repartie avec quelques flexibles à fixer dans le moteur confie Christophe Gruet, le président de l’association à but non lucratif.
Car ce qui caractérise ce garage pas comme les autres, c’est la volonté de réaliser des économies pour ses clients peu fortunés (lire encadré), et ceci pour la location, la vente, ou la réparation.
Et le gérant du garage de narrer la belle histoire vécue par une des ses premières clientes, une veuve d’une trentaine d’années  au chômage, avec deux enfants en bas âge : venue au départ pour une intervention présumée conséquente, « il s’agissait juste d’un galet tendeur à changer pour 60 € » se souvient Christophe Gruet.
En lisant à travers les lignes, on comprend le pourquoi du comment : en cas de panne sur un organe, un garage lambda préfère parfois changer les pièces situées en amont et/ou en aval, pour ne pas prendre de risques et être quitte d’intervenir à nouveau en cas de panne.

38 € de l’heure au lieu de 60 €

« Ici, nous prenons ce risque et nous expliquons aux clients quelle sera la réparation et sa raison » assume le directeur, qui prête gratuitement des véhicules pendant les réparations. Les autres atouts du garage solidaire résident dans la facturation de la main d’œuvre à prix presque coûtant : « 38 € de l’heure, quelle que soit la réparation », contre 60, voire 80 € TTC de l’heure dans le circuit conventionnel ; et la fourniture de pièces compatibles à -30% ou -40% par rapport aux pièces constructeurs.
« Des pièces d’origine, on ne joue pas avec la sécurité ou la fiabilité de la voiture » explique Christophe Gruet qui donne même l’exemple d’un filtre à particule facturé 800 €…au lieu d’un devis proche de 8.000 €.
Autre mission d’intérêt général, vendre « des voitures d’occasion à moins de 3.000 € » remises en état. Un grand plus lorsqu’on habite un département rural comme le Jura, où on ne peut rien faire sans voiture. En particulier trouver un travail ou suivre des soins médicaux prolongés, c’est pourquoi les ventes sont conditionnées à ces critères.
Mais ces ventes sont aussi conditionnées aux dons de véhicules effectués par des particuliers ou des entreprises : « sans ces dons, nous ne pouvons pas tenir » lance Christophe Gruet, après une pénurie d’automobiles En l’échange de leur voiture, les donateurs reçoivent une réduction d’impôts de 66% pour les entreprises et de 60% pour les particuliers, l’association étant reconnue d’intérêt général.
Un appel est donc lancé en ce sens : 5 voitures environ sont vendues à Lons chaque mois, et la demande s’amplifie sur l’antenne de Besançon. Christophe Gruet espère aussi aller plus loin que les 200 véhicules par an grâce à des partenariats avec des concessions automobiles ou de ‘casses’ comme Caréco.

Contact : www.garagesolidairedujura.fr

Le garage est installé vers le stade de rugby entre Lons et Montmorot.

Qui peut y prétendre ?

Les bénéficiaires du R.S.A., les retraités (avec un revenu inférieur à deux fois le R.S.A pour une personne seule et trois fois le R.S.A pour un couple), les travailleurs handicapés (avec un revenu inférieur à 2 fois le R.S.A. pour une personne seule et trois fois le R.S.A pour un couple), les familles avec un coefficient familial inférieur à 750 €, les personnes sur prescription d’un service social.