Jura. Les forains défendent leurs animaux

Ils réagissent à la demande d’une association. Elle veut le retrait des faux animaux sur les manèges.

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De g. à d., Francisque Bailly-Cochet et Pascal Rauenschwender devant les chevaux de bois du Fantasia.

Une association vient de demander à l’un des principaux fabricants de carrousels aux Etats-Unis, Chance Rides, de supprimer les animaux. L’association Peta, qui milite pour un traitement éthique des animaux, estime qu’ils donnent l’idée que les chevaux, chameaux et éléphants, sont « simplement là pour notre divertissement, plutôt que des individus ayant la même capacité à ressentir la peur, la douleur, la joie et l’amour que chacun d’entre nous », a déclaré sa présidente, Ingrid Newkirk.

S’attaquer à l’emblème des fêtes foraines – les chevaux de bois – a fait réagir Francisque Bailly-Cochet et Pascal Rauenschwender, le premier connu pour ses carrousels depuis cinq générations installé à Clairvaux-les-Lacs et le second notamment pour son manège Fantasia bien connu des Jurassiens.

Une œuvre d’art

« Le cheval de bois est une œuvre d’art, insiste Francisque Bailly-Cochet. On le trouve aussi bien au pied du sapin de Noël, que dans les grands hôtels ou les défilés de mode. J’en ai offert un à mon ami Claude Lelouch. Il représente la fête ! »

S’il n’a pas pris le sujet au sérieux au départ, le fait qu’il soit repris dans plusieurs médias nationaux et même traité sur le plateau de Cyril Hanouna l’a fait évoluer. « On peut aussi interdire les canaris dans les cages et les poissons rouges dans les bocaux ! Il ne faut pas confondre les animaux domestiques, sauvages et en bois. »

Les animaux en bois sont d’ailleurs bien traités sur leurs manèges. « Nous faisons de l’éducation civique, pointe Pascal Rauenschwender. J’apprends à mes jeunes clients de prendre soin des animaux sur lesquels ils montent si leur comportement ne convient pas. »

Ils regrettent leurs combats en permanence pour exister et transmettre leur métier à leurs enfants. « Nous subissons les lois qui évoluent dans le transport, des difficultés sur le domaine public, l’énergie, les parcs d’attraction… » Ils citent aussi la Foire du Trône écourtée en raison des Jeux olympiques.

« Les forains belges sont montés aussi au créneau, explique Francisque Bailly-Cochet. Mais nous n’avons entendu aucun politique réagir. Le monde est tellement frileux que personne ne s’est emparé de ce sujet qui mériterait une réponse. Nous n’avons pas de soutien alors qu’il s’agit de défendre un symbole et de ne pas laisser la place à des personnes qui ont des idées un peu folles. »