À deux semaines du premier tour, la photographie électorale du Jura apparaît contrastée. D’un côté, une stabilité du nombre de candidats qui rassure les services de l’État. De l’autre, des déséquilibres persistants entre communes, avec une majorité de scrutins peu disputés et quelques zones en tension.
Au total, 598 listes ont été validées pour renouveler les conseils municipaux des 492 communes du département. Dans le détail, 393 communes ne présentent qu’une seule liste, soit près de huit sur dix. À l’inverse, 91 communes comptent deux listes et seules quelques-unes offrent un choix électoral large, à l’image de Saint-Claude, où cinq listes s’affrontent, ou de Lons-le-Saunier, qui en compte quatre.
Une réforme absorbée par les candidats
Cette année, l’un des principaux enjeux concernait l’évolution du mode de scrutin dans les communes de moins de 1 000 habitants. Désormais, les électeurs doivent voter pour des listes complètes, sans possibilité de panachage, avec une obligation d’alternance entre femmes et hommes.
Une réforme qui avait suscité des inquiétudes quant à la capacité des petites communes à constituer des équipes. Finalement, ces craintes ne se sont pas confirmées. « Les chiffres démontrent que non », a insisté le préfet Pierre-Édouard Colliex, en rappelant que 7 708 candidatures individuelles ont été enregistrées, un niveau quasi identique à celui de 2020
« On a exactement le même nombre de candidats que l’on avait eu il y a six ans », a-t-il souligné, saluant une mobilisation qui permet d’assurer la présence d’équipes municipales sur la quasi-totalité du territoire. La réforme pourrait par ailleurs favoriser une meilleure représentation des femmes, avec une parité désormais généralisée dans les listes.
Des communes sans candidats et une participation en question
Malgré cette stabilité globale, certaines fragilités demeurent. Deux communes de l’arrondissement de Lons-le-Saunier n’ont enregistré aucune candidature : La Boissière (57 habitants) et Pillemoine (62 habitants).
Une situation rare mais révélatrice des difficultés croissantes à susciter des vocations dans les plus petites communes rurales. Dans ces cas, la procédure est encadrée : en l’absence de candidats au premier tour, le préfet dispose de huit jours pour mettre en place une délégation spéciale composée de trois membres. Celle-ci assurera la gestion des affaires courantes avant l’organisation de nouvelles élections dans un délai de deux à trois mois.
Au-delà de la question des candidatures, c’est celle de la participation qui concentre désormais les préoccupations. « La participation aux élections municipales ne cesse de diminuer », a rappelé le préfet, évoquant une chute marquée en plusieurs décennies, de 78,9 % en 1977 à 44,66 % en 2020 au premier tour.
Dans ce contexte, la présence de plusieurs listes dans certaines communes pourrait jouer un rôle moteur. Mais ailleurs, l’absence de concurrence ou de candidats interroge sur la vitalité démocratique locale.
À l’approche du scrutin, les services de l’État insistent enfin sur la nécessité d’informer les électeurs, notamment dans les petites communes où les habitudes de vote évoluent. Objectif : éviter les bulletins nuls et garantir la bonne compréhension d’un scrutin marqué, cette année, par des changements significatifs.



























