En Bourgogne Franche-Comté, près de 30% des demandeurs d’emploi sont des seniors

Le nombre de personnes âgées de 50 ans et plus inscrites à Pôle Emploi a fortement augmenté en 10 ans. L’analyse régionale de l’INSEE et de Pôle Emploi tombe à point nommé avec le recul de l’âge de départ en retraite.

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Ce n’est pas tant ce couperet administratif qui pose problème. Comment comprendre qu’un tiers des demandeurs d’emploi de plus de 50 ans sont très éloignés du marché du travail ? Pour la majorité, peu ou pas diplômés, ils ne travaillent pas, même quelques heures dans le mois, souligne l’INSEE.

50% des seniors sortant de formation ont un emploi dans les six mois

Le score est moins élevé que pour les tranches d’âge de moins de 50 ans (59%). Les cinq formations les plus suivies par les demandeurs d’emploi de + de 50 ans concernent des mises à niveau : conduite d’un chariot automoteur (CACES), formations à l’usage des logiciels de bureautique, apprentissage de langue étrangère. L’accompagnement vers l’emploi (comment rédiger un CV ou une lettre de motivation) et la préparation à une formation sont également des formations prisées par les seniors en recherche d’emploi.

 

5 profils de demandeurs d’emploi seniors

 

L’INSEE et Pôle Emploi répartissent ces demandeurs d’emploi en cinq catégories.
Un premier profil concerne les hommes peu qualifiés recherchant un emploi dans le BTP, l’industrie, les transports ou l’agriculture (17%). Secondairement, ce sont aussi des femmes peu qualifiées, recherchant un emploi dans les services (16%).
Le troisième profil identifié regroupe les hommes qualifiés du BTP, de l’industrie et des transports (24%). La quatrième catégorie concerne les femmes en reconversion professionnelle pour 23%.
Ils représentent 20% des demandeurs d’emploi seniors. Ce sont des personnes (femmes et hommes) qualifiées, très diplômées et travaillant dans le secteur tertiaire.
A côté des seniors très éloignés du travail, l’INSEE recense aussi des demandeurs ayant des opportunités d’emplois, souvent pour des contrats courts qui se succèdent. Ce maintien d’activité leur permet de conserver un lien avec le monde de l’entreprise.

Les freins à l’emploi

Pour ces personnes éloignées de l’emploi, les principaux freins à l’intégration dans l’entreprise ont trait à un manque de connaissances en numérique (34%), à des problèmes de santé pour 38%, des soucis de mobilité dans 18% des cas et des difficultés financières pour 14%.
Les hommes qualifiés du BTP, de l’industrie et des transports, qui exercent une activité réduite sont diplômés de niveau CAP-BEP, recherchent un emploi à durée indéterminée et à temps complet (99%). Ils sont expérimentés dans leur domaine à 59% et sont plutôt mobiles (11% souhaitent trouver un emploi à moins de 20 km de leur domicile).
Les demandeurs d’emploi très qualifiés et diplômés (profil 5) sont majoritairement des femmes à 74%, diplômées de l’enseignement supérieur (47%) et qui recherchent principalement des métiers dans les fonctions support des entreprises.

Une répartition hétérogène selon les territoires

On trouve plus de demandeurs d’emploi seniors (qualifiés dans les métiers du BTP, de l’industrie et des transports) dans les territoires frontaliers et les bassins d’emploi de Lure et de Montbéliard. Les femmes seniors  en reconversion s’orientant vers les services à la personne sont plus nombreuses dans les bassins d’emploi de Gray, Montbard et Autun.
Les demandeurs d’emploi seniors très qualifiés, diplômés et expérimentés se retrouvent particulièrement dans les bassins de vie de Beaune, Dijon, Besançon et Lons-le-Saunier.

Une conclusion peu optimiste

Pour les analystes de l’INSEE et de Pôle Emploi en Bourgogne Franche-Comté, les demandeurs d’emploi de plus de 50 ans sont de plus en plus nombreux. Ils rencontrent plus de difficultés à se réinsérer dans le monde du travail. Les situations sont très hétérogènes en fonction de leur situation personnelle et de l’emploi recherché.
Une majorité exerce une activité réduite mais cette situation a tendance à perdurer, notamment pour les femmes en reconversion.
Enfin, pour les seniors les plus diplômés et expérimentés, le retour à l’emploi est plus fréquent.
Ce n’est pas en réduisant l’âge de départ en retraite que l’on peut réduire le chômage structurel des seniors. Pour beaucoup, y compris les moins diplômés, ils possèdent l’expérience et des savoir-faire indispensables aux entreprises.
Au lieu d’un couperet administratif, qu’il soit à 62, 64 ou 65 ans, il convient de donner la possibilité aux entreprises d’avoir un coût du travail moins élevé et aux salariés « âgés » de poursuivre une activité professionnelle, source de lien social et de revenus.
Avec un taux d’emploi des seniors de 55,9%, la France se place 16ème sur les 27 pays de l’Union Européenne, bien loin des 76,9% de seniors dans l’emploi en Suède et même de l’Allemagne ou des Pays-Bas dont le taux d’emploi des seniors dépasse 70%.
Et si on donnait un peu de liberté aux entreprises et aux salariés ?