Auxonne. Un budget 2026 prudent, un conseil sous tension

Dans une atmosphère une nouvelle fois tendue, le conseil municipal d’Auxonne a débattu, lundi 15 décembre, des orientations budgétaires pour 2026. Un exercice piloté par Jacques-François Coiquil, qui défend un budget de transition marqué par l’incertitude nationale, mais vivement questionné par plusieurs élus d’opposition.

0
212
Budget d'Auxonne 2026
Le rapport d'orientations budgétaires (ROB) a été présenté ce lundi 15 décembre.

Le débat d’orientations budgétaires a rapidement mis en lumière les fractures au sein du conseil municipal. Face à une assemblée divisée, le maire d’Auxonne, Jacques-François Coiquil, a présenté un budget 2026 volontairement prudent, limité aux engagements déjà votés. « La partie investissement sera très réduite, puisqu’elle ne concernera que ce qui a déjà été approuvé ou ce qui le sera ce soir », a-t-il expliqué, rappelant le contexte électoral. « On est dans une phase de transition, il ne s’agit pas d’engager la future majorité. »

Incertitudes nationales et ligne de prudence

Le maire a longuement insisté sur l’instabilité du projet de loi de finances. « On a parfois l’impression de vivre un “jour sans fin”, avec un budget dont on ne sait jamais s’il sera adopté », a-t-il déclaré, évoquant un climat national « anxiogène » pour les collectivités. Selon lui, l’effort demandé aux communes est disproportionné : « La dette des collectivités territoriales ne représente que 9,3 % du PIB, et pourtant ce sont elles à qui l’on demande de se serrer la ceinture. »

La Percée Du Vin Jaune

Dans ce contexte, la municipalité assume une stratégie prudente : stabilité des taux d’imposition, aucune création de poste et maintien des subventions aux associations à leur niveau de 2025. « On ne fait pas de paris hasardeux », a résumé le maire, affirmant vouloir préserver les équilibres financiers.

Dette, trésorerie et manque de lisibilité

Sur le volet de la dette, l’exécutif se veut rassurant. L’encours communal est estimé à 8,1 millions d’euros au 1er janvier 2026, sans nouvel emprunt prévu. « Une capacité de désendettement autour de cinq ans, c’est un très bon positionnement pour une commune comme la nôtre », a assuré l’édile.

Des élus d’opposition ont toutefois remis en cause certains choix. « On vient de contracter un emprunt de deux millions d’euros. Pourquoi a-t-il quand même fallu renouveler une ligne de trésorerie ? », a interrogé l’un d’eux, pointant une gestion jugée peu lisible.

D’autres ont regretté le manque de détails sur les résultats financiers de l’exercice en cours. « On nous présente un bon résultat, mais ce serait intéressant de savoir précisément ce qui a bien fonctionné cette année, en dépenses comme en recettes », a souligné un élu, évoquant un débat « trop général ».

Face aux critiques, le maire a maintenu sa ligne, rappelant le caractère provisoire des chiffres avancés. « Ce sont des résultats fiables, mais encore susceptibles d’évoluer », a-t-il répondu. Un débat budgétaire révélateur des tensions politiques locales, à mesure que l’échéance municipale se rapproche. Le vote du budget aura lieu lors du dernier conseil de la mandature, à savoir le 17 février prochain.