
Réunis en assemblée pleinière ce vendredi 14 novembre, les élus régionaux ont abordé les orientations budgétaires pour l’exercice 2026. Entre recettes gelées et investissements sous tension, l’exécutif régional tente de préserver ses priorités dans un climat national qui se durcit.
En Bourgogne — Franche-Comté, l’exercice budgétaire 2026 s’ouvre dans une atmosphère plus électrique que technique. À mesure que le gouvernement resserre les finances publiques, la Région voit ses marges fondre. Le gel partiel de la fraction de TVA, devenu symbole du bras de fer entre l’État et les collectivités, vient percuter de plein fouet une ressource qui représentait jusque-là un atout : la moitié des recettes de fonctionnement. Pour la collectivité, la perte de dynamisme se chiffre à près de 55 millions d’euros l’an prochain.
Le contexte politique national n’arrange rien. Entre annonces révisées et arbitrages encore flottants, la loi de finances 2026 ressemble davantage à une cible mouvante qu’à un cadre stable. Les élus régionaux en sont réduits à préparer une trajectoire budgétaire sans connaître l’ampleur exacte de l’effort à consentir.
Préserver l’essentiel
Pourtant, les fondamentaux de la Région restent pour l’instant solides : une épargne brute encore confortable, une capacité de désendettement sous contrôle et une dette classée intégralement en catégorie 1A, la plus sécurisée. La collectivité a déjà commencé à réduire ses dépenses de fonctionnement, un mouvement qui devra se poursuivre, au risque de rogner sur certains dispositifs.
Reste à défendre les priorités politiques. L’exécutif assure maintenir le cap : soutien aux entreprises et aux filières régionales, accompagnement du monde agricole, développement des transports décarbonés, projets de formation, sécurité des lycées, et poursuite de la future mutuelle santé régionale. Derrière cette volonté d’affichage, une réalité : l’investissement pourrait devenir la variable d’ajustement si les contraintes nationales s’accentuent.
Au cœur des inquiétudes, un acronyme : DILICO, le prélèvement imposé aux collectivités pour participer au redressement des comptes publics. Son étalement sur cinq ans, salué pour avoir évité un choc brutal, n’en reste pas moins un poids lourd pour les finances régionales.
Alors que les débats s’ouvrent, une ligne rouge se dessine : préserver l’autonomie d’action. La Bourgogne — Franche-Comté, comme d’autres Régions, plaide désormais ouvertement pour une remise à plat de ses ressources et un dialogue plus franc avec l’État. Car derrière les chiffres, c’est la capacité de la collectivité à tenir ses engagements qui se joue.






















