Quels grands mots nous ont intrigué en 2025 ? Reflets de nos préoccupations, ils méritent notre attention. Le Dico en ligne Le Robert liste nos interrogations les plus fréquentes. Elles sont très disparates comme aussi les conclusions que l’on peut en tirer.
Dans ce bouillon de notre culture on trouve en premier : « masculinisme ». Les demandes sur ce mot ont augmenté de 800% en un an, propulsées par la besogne opiniâtre des influenceurs de tout poil et des abonnements à Netflix qui diffuse des séries mettant en scène cette vision genrée de la société.
Robert nous dit que le masculinisme désigne l’ensemble des revendications cherchant à promouvoir les droits des hommes au détriment de ceux des femmes…(1).
« -Des fois quand j’écosse mes petits pois je me dis : -mais, de Diouss, où c’est qu’on va ? ». Je ne sais pas vous répondre Marie-Madeleine. Peu importe puisque vous avez la réponse : « -Je sais pas où qu’on va mais en tout cas j’peux vous dire qu’on y va et pis tout droit encore, qu’on y va ! ». (2)
Je préfère un autre mot vedette de 2025, au charme désuet, et qui ne risque pas de faire la misère à quiconque. Il est septième dans le classement des questionnements du Robert. Septième, c’est au pied du podium à une époque où nous vivons sur un grand pied. C’est le mot gougnafier (3). Un mot que j’aime tout autant que gourgandine (4), clafoutis ou regingot. Sans oublier pour autant pochtron (5) et nouillotte. Mais il faut faire des choix.
Ce gougnafier tombait dans l’oubli quand il nous est revenu en 2025 du Sénégal où il avait servi à offenser un chef de l’État. Belle promotion pour un mot qui ne servait plus guerre qu’à qualifier d’anciens goujats, eux-mêmes en perte de vitesse depuis que la goujaterie et la muflerie (5) périmés et de surcroît classés E, ont été remplacés par la beauferie des mecs carrément relous.
Notes utiles pour compléter ce texte
(1)- Les partisans du masculinisme estiment qu’il existe des discriminations et des inégalités dont pâtissent les hommes. Ce mouvement est né dans les années 70 et se prétendait une réponse aux mouvements féministes jugés à peine trop invasifs. Et ils ajoutaient volontiers : – Bin ! Si ! Quand même !
Beaucoup, au lieu de se regarder le nombril comme tout un chacun depuis Neandertal avaient pris l’initiative de regarder à peine une main en dessous et ils furent atterrés de découvrir dans leur lingerie d’époque la grande débandade qui l’habite. Ils accusèrent promptement le féminisme d’en être la cause toujours. Alors qu’il y a aussi les perturbateurs endocriniens. Mais à eux on leur pardonne tout.
(2)- C’est bien possible et le bon sens de la Marie-Madeleine devrait nous inciter à y réfléchir promptement.
(3)- Gougnafier entre gougère et gouine est un de ces mots qui fondent délicieusement sous la langue. Le gougnafier est un bon à rien plutôt rustre qui est arrivé sous nos latitudes en 1899. Tout porte à croire qu’il y avait déjà des gougnafiers depuis plusieurs générations. Mais on hésitait à leur donner un nom ce qui a retardé d’autant.
L’origine du mot est incertaine. Beaucoup d’éminents linguistes le rattachent à gougniafiasse qui -à la fin du XIXème- désignait un goinfre. Mais on connait plusieurs gougnafiers avec une taille de guêpe et même certains qui sont à un régime hypocalorique depuis des années. On en restera donc à l’origine incertaine qui parait plus probable.
(4)- La gourgandine était en 1640 une femme facile. Mais vraiment facile ! Le mot a aussi désigné un corsage lacé sur le devant au XVIIème siècle tellement mal pratique qu’il fut abandonné au XVIIIème sans que personne n’y trouve à redire ni ne dépose de main courante.
Le mot dérive de goret. On retrouve dans la littérature de rares gourgandins mais il faut chercher.
(5)- Le pochon, la pochette sont connus dès le XIIIème siècle. Les anglais nous ont piqué la pochette à la fin du XVIème pour en faire le pickpocket qu’on a repris à notre tour. Ce qui n’est que justice. Mais c’est au XVIIème que le goût des métaphores a conduit en état d’ivresse le pochard, et le sac à vin jusqu’au pochtron que l’on connait.



























