Xavier Bertrand en campagne dans le Jura

Actuel favori des sondages du côté des Républicains, Xavier Bertrand est intervenu un peu plus d'une heure à Dole vendredi dernier, afin de détailler les grandes lignes de son programme auprès d'une bonne centaine de militants et sympathisants locaux de la droite et du centre.

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Débordé sur sa droite par une Marine le Pen plus radicale et un Eric Zemmour plus offensif, son image semble parfois molle, étriquée dans un vaste mais vain compromis de centre-droit qui pour l’instant l’exclut du podium des sondages. Pourtant, son discours révèle globalement une certaine fermeté.
C’est en tous cas la conviction et la détermination qu’a affiché Xavier Bertrand, venu à Dole rencontrer les élus et militants Les Républicains vendredi dernier.
Avant la prise de parole de l’ancien ministre, le député dolois Jean-Marie Sermier chauffait le hall de Dolexpo :
« Notre pays est malade. La loi de finance que nous sommes en train de voter illustre que nous sommes les champions du monde, pas seulement en foot mais aussi de la dette. 115% du PIB ça commence à devenir compliqué, surtout lorsque tous nos voisins sont à des taux bien inférieurs. Et ne parlons pas de la balance commerciale négative de 90 milliards d’euros ! Tout cela est très inquiétant pour notre avenir et celui de nos enfants.
C’est pourquoi je fais davantage confiance à ceux qui sont capables de réformer, plutôt qu’à ceux qui ne font que parler. Par exemple, Xavier l’a montré avec le service minimum. Depuis la mise en place de cette mesure qu’il a entreprise et sur laquelle personne n’est revenue depuis, nous ne sommes plus otages des grèves ».

 

Avant la prise de parole de l’ancien ministre, Jean-Marie Sermier chauffait le hall de Dolexpo.

En perspective du congrès

Du pain béni pour le président de la Région Hauts-de-France, qui démarrait tambour battant :
« La surprise de cette élection présidentielle, ça ne sera pas la réélection du sortant. Ça ne sera pas la victoire de Marine Le Pen ou d’Eric Zemmour. La surprise de cette élection présidentielle, ça sera la victoire du candidat de la droite républicaine ».
Mais pour cela, il faudra déjà passer par l’étape du congrès… A ce sujet Xavier Bertrand expliquait :
« J’étais contre une primaire. Comme une large majorité des adhérents. Parce que l’on sait pertinemment que pour faire entendre sa différence par rapport aux autres, on tape sur les autres. C’est toujours comme ça que cela se passe. Les divisions deviennent des déchirements et les fractures ne se referment pas. Et puis il y a aussi autre chose, à une primaire, vous ne savez pas toujours qui vient voter… A un congrès, on sait que ce seront des adhérents. Avec pour garantie de n’avoir qu’un candidat de la droite et du centre que tous les autres se sont engagés à soutenir ».

 

Concernant son programme, Xavier Bertrand a décliné un arsenal de mesures.

 

Sécurité, immigration, niveau de vie..

Concernant son programme, Xavier Bertrand a décliné un arsenal de mesures. Sorte d’inventaire à la Prévert qu’il résume comme « un nouveau projet de société, bâti sur la république des territoires ».
« D’abord, retrouver l’autorité, la sécurité, renouer une société du travail, retrouver ce bon sens de terrain que l’on partage. Il serait temps de protéger ceux qui nous protègent. Il y a un sport que je veux interdire en France, c’est un sport dangereux : ce sont les tirs de mortier contre les forces de l’ordre. D’où ma volonté de mettre en place des peines systématiques d’un an de prison minimum pour ceux qui s’en prennent physiquement et volontairement aux gendarmes, aux policiers, aux pompiers ou aux maires. Vous savez ce qu’il va se passer ? Cela va faire changer les comportements ».
L’ancien ministre a aussi exprimé ses perspectives sur la politique migratoire
« Je viens d’une région où nous avons réussi à obtenir le démantèlement de la jungle de Calais. Nous devons pouvoir choisir qui nous voulons accueillir sur le territoire français.
Je proposerai par référendum la mise en place d’une politique de quotas migratoires, avec pour certains métiers des demandes correspondantes spécifiquement à nos offres : de quel pays et combien peut-on accueillir ? Mais surtout si les personnes qui viennent, parlent le Français et respectent les lois de la République. Et quand je parle de test de français ce sont des vrais tests. Pas seulement suivre des cours. Ces tests devront être passés avec une personne du sexe opposé pour bien montrer que la femme est l’égale de l’homme ».

Travailler plus pour gagner plus

Et de conclure :
« Je ne suis pas un énervé, mais je veux que l’on préserve le mode de vie qui est le notre.
Que nos enfants ne grandissent pas en baissant la tête et puissent connaître la France que nous avons connu. Ceux qui pensent que la loi religieuse est au dessus de la République, n’ont rien à faire en France.
Par le travail, nous nous en sortirons. Travailler plus pour gagner plus, c’était du concret en 2007 avec Nicolas Sarkozy. Je veux reprendre cette idée et aller plus loin : mettre en place une prime au travail qui garantira que toute personne qui travaille à temps complet en France gagnera au minimum 1500 euros net par mois.
La crise des gilets jaunes l’a montré, les gens bossent mais n’y arrivent plus.
Il n’y pas assez de différence entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas.
La France ne peut plus être ce pays où l’on refuse 4 ou 5 offres d’emploi et où ne se passe rien. Je veux vraiment mettre en place une société du travail ».

A l’image du président du Conseil départemental Clément Pernot, de sa binôme Éloïse Schneider, du député Jean-Marie Sermier ou encore du maire de Dole et conseiller départemental Jean-Baptiste Gagnoux, l’état-major jurassien des Républicains s’était rassemblé en force pour écouter d’une oreille attentive, l’actuel favori des sondages.