Rubrique. Grands mots, Grands remèdes. Vrombissement

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On me soutient que le « vrombissement » nous vient d’une onomatopée exprimant le
bruit d’un moteur qui accélère et que l’interjection « vroum ! » est son petit cousin plus
glamour. Mais on ne m’ôtera pas de l’idée que ce mot de vrombissement est bien
mal fagoté et qu’il est assez dissonant et cacophonique pour me donner surtout
envie de l’éviter.
Mais il n’empêche que dans nos campagnes, dès les premières éclaircies, les
vrombissements des tondeuses mêlent leurs pétarades vibrées aux chants mélodieux
de nos oiseaux.
C’est qu’il faut tondre nos pelouses avant que la biodiversité nous entroupe.
Décidément ! Voilà que « pelouse » irrite aussi mon oreille. Il est des jours comme ça
où rien ne va comme on voudrait. Les mots en -ouse sont rarement des
gourmandises. De la bouse à la ventouse ; du barbouze à la partouze ; et jusqu’à
l’épouse jalouse, sans même parler des fake-niouses et des piquouses, les -ouses
me filent le blues. C’est ainsi.
Pelouse vient de peleus : garni de poils. Il a fallu attendre 1582 pour qu’un
observateur attentif fasse le rapprochement entre l’aisselle de sa compagne et le pré
de son voisin donnant naissance à ce mot nouveau qui tomba pile poil dans les
glossaires entre pelote et peluche.
« Un jardinier qui sabote une pelouse est un assassin en herbe » disait Raymond
Devos qui nous manque chaque jour un peu plus.
Mais que dire alors de cet hypocrite malfaisant qui piétine si souvent nos pelouses
pour aller y planter une pancarte qui affirme sans vergogne : « Il est interdit de marcher sur la pelouse » ? J’affirme qu’il ne l’a pas plantée en lévitation.
L’a-t-on identifié ? De qui se moque-il et l’a-t-on seulement empoigné ?