Nichée au cœur de l’Abbaye d’Acey, dans le Jura, l’entreprise Électrolyse Abbaye d’Acey cultive un savoir-faire industriel singulier. Spécialisée dans les revêtements électrolytiques — cuivre, nickel, étain, or ou argent — destinés notamment aux contacts électriques, elle s’est vu décerner, le 2 octobre dernier, un Trophée de l’économie et des savoir-faire du Département du Jura.
Depuis plusieurs années, la société a engagé une transformation profonde de ses pratiques, avec une attention particulière portée aux enjeux environnementaux. Le recyclage des eaux, l’amélioration continue de la qualité des rejets et une gestion rigoureuse des déchets ont permis de réduire les volumes de déchets industriels de 11 tonnes en 2020 à 2 tonnes en 2024. Une évolution significative pour une activité de traitement de surface, traditionnellement énergivore.
Une chaudière alimentée au miscanthus
Autre étape marquante : depuis septembre 2025, une chaudière alimentée au miscanthus — plante locale à fort rendement énergétique — assure le chauffage des bains de traitement, des bâtiments industriels et du monastère. À cela s’ajoute la rénovation de la turbine hydroélectrique historique du site, qui contribue à accroître la production d’électricité sur place et à limiter le recours aux réseaux externes. « La rénovation de notre turbine hydroélectrique historique augmente également la production d’électricité sur place et limite le recours aux réseaux externes », souligne Bertrand Sancey, directeur opérationnel.

Mais la singularité d’Électrolyse Abbaye d’Acey ne se limite pas à ses choix technologiques. Fondée en 1952 par une communauté de moines cisterciens au sein même de l’abbaye, l’entreprise conserve un modèle humain atypique, fondé sur la confiance, le respect mutuel et la recherche de sens dans le travail. Depuis 2023, la présidence est assurée par Frère Marie-Bruno, père supérieur de la communauté.
Une autonomie énergétique à horizon 2030
Avec une vingtaine de salariés, un atelier de 2 400 m² et une capacité de 48 000 litres de bains de traitement, l’entreprise intervient sur des pièces destinées à des secteurs exigeants tels que l’automobile, l’électrique, la connectique ou encore l’aéronautique. L’optimisation permanente des procédés permet de répondre aussi bien aux besoins de prototypes qu’aux productions en série, tout en garantissant la régularité de la qualité.
Pour les années à venir, la trajectoire est clairement définie : viser l’autonomie énergétique à l’horizon 2030, réduire drastiquement les émissions de CO₂ et poursuivre l’innovation pour améliorer la durabilité des procédés. « Continuer de travailler en équipe en donnant du sens à nos actions reste essentiel. Cet engagement ne peut exister sans des relations fondées sur la confiance et le respect mutuel », insiste Bertrand Sancey.



























