Une nouvelle éleveuse de volailles de Bresse

Pauline Badin a décidé de changer de voie professionnelle. Elle s’est installée dans la ferme familiale à Courlaoux. Ses premiers poulets de Bresse seront vendus sur place à partir de juillet.

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Le Poulet de Bresse s'est imposé comme une évidence pour Pauline Badin. Elle représentera la quatrième génération d'éleveurs.

Trentenaire, Jurassienne, Pauline Badin est partie une dizaine d’années à Montpellier afin de faire des études puis travailler comme chargée de communication pour une fédération sportive. Ayant le sentiment d’avoir fait le tour de son métier, elle a tout quitté et est revenue dans la ferme familiale à Courlaoux. « Le Poulet de Bresse s’est imposé comme une évidence, explique-t-elle. Je serai la quatrième génération. Mon arrière-grand-père avait commencé dans les années 30 ».
Ses parents, Jean-Pierre et Anne-Marie sont bien connus des habitants de la région lédonienne. Ils ont été éleveurs de volailles de Bresse pendant trente ans avant d’arrêter pour faire de la commercialisation.
Pauline Badin a donc repris le chemin de l’école. Pendant neuf mois, elle s’est investie pour décrocher un Brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole (BPREA) à Montmorot. Avec le Comité interprofessionnel de la volaille de Bresse (CIVB), elle a suivi la formation à Branges pendant cinq jours pour être éleveur de volailles de Bresse.
« J’ai été également formée pendant une journée à la biosécurité », met-elle en avant. Et enfin, avec la Chambre d’agriculture, elle a effectué un stage d’installation pendant six jours dans le but de finaliser son projet d’un point de vue comptable, juridique…

Quatre poulaillers en cours de construction

Tout est achevé depuis juin. En parallèle, l’entrepreneuse avait monté son dossier d’installation pour obtenir la DJA (Dotation jeunes agriculteurs), « une aide conséquente à l’installation ».
Elle est désormais installée officiellement depuis le 22 septembre. Place aux travaux jusqu’en mars. Quatre poulaillers sont en cours de construction. Chacun aura un hectare de parcours accessible. « Ainsi, j’aurai des volailles en vente directe toute l’année », se réjouit-elle. Des poulets de Bresse seront d’abord disponibles à la vente. Son idée est de proposer dans quelques années de la volaille fine : chapons, poulardes.
700 poussins, âgés d’un jour, arriveront du centre de sélection de Bechannes. Ils resteront pendant cinq semaines dans le poulailler chauffé, à boire, manger. Ensuite, pendant quatre mois, ils se trouveront la journée sur le parcours d’un hectare. Puis, pendant dix jours minimum, ils seront installés dans les épinettes, plus calmes, sombres, pour se reposer, manger, « faire du gras ». A six semaines de la première arrivée, 700 nouveaux poussins pourront ainsi investir le deuxième poulailler.
Les poulets seront nourris exclusivement de blé et maïs produits en Bresse et de lait. « J’ai une petite surface de céréales donc l’objectif est de l’utiliser et au fur et à mesure, je m’équiperai en matériel pour produire tout le blé et maïs dont ils ont besoin. Ainsi, je maîtriserai la qualité », envisage aussi l’éleveuse. L’abattage se fera au GAEC Laurency à Saint-Usuge.

« La filière a besoin de jeunes »

Au 1er janvier, elle reprendra le magasin existant de ses parents en poursuivant la vente de produits jurassiens (vins, comté) et à base de volailles de Bresse (terrines…). « Il n’y aura pas de coupure nette avec les éleveurs avec lesquels nous travaillons actuellement », précise-t-elle. Les premiers poulets de Bresse élevés sur place seront commercialisés en juillet.
« La filière a besoin de jeunes qui s’installent, beaucoup d’éleveurs vont partir à la retraite, constate Pauline Badin. Nous ne sommes pas nombreux à nous former. Aussi il y a un gros soutien des éleveurs en place et de la filière… »

ENCADRE
100 installations par an en moyenne

La Chambre d’agriculture précise qu’une centaine d’agriculteurs s’installent chaque année, dont 55 % demandent la Dotation jeunes agriculteurs (DJA). Dans ces 55 % d’installations aidées, 20 % concernent des femmes. 2022 aura été une année exceptionnelle puisque ces chiffres sont en hausse.