Rubrique. Comme un mercredi : Couleurs

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Tasse a café et carnet de notes

Le soleil à peine revenu, la voisine d’Eric s’est mise au vert. Moi aussi, j’aimerais fuir la cité, m’a dit ma voisine. Je vis dans le noir ! Impossible de garder mes fenêtres, mes portes, propres, avec tous ces pots d’échappement. Et tous ces camions, s’est-elle mise à couiner.

Vous voulez parler de ceux qui font que vous avez 200 mètres à faire pour remplir votre cabas à roulettes, je lui ai répondu. Vous ne pourriez pas un peu voir plutôt la vie en rose ?

Mais j’suis célibataire, m’a rappelé ma voisine, avant d’entamer une ode aux célibataires. Bien sûr, ils ont connu l’amour, enfin j’espère pour eux, mais ils sont des héros. Ils font tout tout seul !

Mais bien sûr que je lui ai lancé. Regardez-vous ! Pour passer la tondeuse, vous demandez à votre fils. Pour déboucher vos canalisations, au voisin. Et pour les crottes de chien, au maire. Désolée, mais un homme vous faciliterait grandement l’existence.

Là, elle a vu rouge. J’ai essayé de détendre l’atmosphère en riant jaune. Moi qui voulais juste qu’elle arrête de broyer du noir, je me suis sentie devenir blanche comme un linge. Pourtant, j’étais bien sûr blanche comme neige.

Comme j’avais une peur bleue qu’elle se fâche, je lui ai dit de but en blanc qu’il fallait que je file car j’avais un rendez-vous.