Remaniement ministériel : l’avis des leaders politiques locaux

Florilège de réactions des principaux mouvements politiques, après un ultime remaniement ministériel qui pose question, à moins de six mois des élections européennes.

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Ce qu’ils en pensent…

Benoît Bordat, député de la deuxième circonscription de Côte d’Or (Renaissance) :

À la suite de la démission de la Première Ministre Elisabeth Borne, je tiens publiquement à la remercier pour son courage et son abnégation durant près de 20 mois à la tête du Gouvernement.
Elle a su garder le cap et mener à bien des réformes difficiles et parfois impopulaires, cela malgré des relations internationales sous tension et une atmosphère politique agitée par des oppositions irresponsables dans un contexte de majorité relative à l’Assemblée Nationale.
Aussi, je félicite Gabriel Attal et salue sa nomination par le Président de la République. Gabriel Attal est un homme politique solide, progressiste et audacieux dont l’efficacité au sein de ses différentes responsabilités ministérielles est saluée par tous.
Une nouvelle page se tourne avec optimisme pour 2024, année sportive où la France accueillera les Jeux Olympiques, année de mémoire avec les célébrations du 80eme anniversaire du débarquement en Normandie, année stratégique pour l’Europe avec les élections européennes.

Benoit Bordat.

 

Jean-Marie Sermier, président de la fédération départementale Les Républicains :

Je souhaite que Gabriel Attal réussisse, pour que réussisse le pays. Les LR seront présents quand il faudra l’être, pour cet intérêt commun à la France.
Ce sera quand même très difficile pour lui, sans majorité et sans budget.
Avec ce remaniement, on voit que Macron recentre sa politique sur lui-même, Élisabeth Borne s’affrontait de plus en plus avec lui. Il l’a débarquée. Mettant à sa place, son proche collaborateur, ancien socialiste de la gauche caviar et champagne, passé depuis à la macronie libérale financière et mondialisée.
Face à son impopularité, Macron est maintenant président et premier ministre à la fois. Comme l’était Mitterrand avec Fabius à l’époque.
Jamais le pays n’a été aussi fracturé, endetté. On voit les limites du en même temps…
Le nouveau changement sera 2027. Un grand rendez-vous que l’on commencera à préparer dès cette année.
La seule alternative crédible sur le long terme, qui ne soit pas Marine Le Pen, puisque la gauche est en lambeaux, c’est la droite républicaine !

Jean-Marie Sermier

 

Anthony Brondel, chef de file départemental de la France Insoumise :

Est-ce que Gabriel Attal se soumettra à un vote de confiance au parlement ? Dans le cas contraire, il s’exposera à une motion de censure. Il est fort probable que les parlementaires de la France Insoumise et plus largement de la NUPES la porteront.
Concernant le personnage Gabriel Attal, je dirais que sa nomination au poste de premier ministre marque une forme de continuité avec la politique autoritaire et d’austérité menée par Emmanuel Macron. C’est un fidèle macroniste et il ne sera finalement qu’un simple petit soldat au service du Président de la République.
Plus largement, les 5 mois de Gabriel Attal passés au ministère de l’Éducation Nationale ont été décevants. Au lieu de prendre à bras le corps les sujets de fond (recrutement, inclusion…), il a préféré parler de faux problèmes, comme l’abaya, le retour de l’uniforme, et continuer une politique de fermeture de classe, tout en relayant finalement les idées portées par l’extrême droite.
Finalement, c’est encore de la part d’Emmanuel Macron, un simple coup de « com »!

Anthony Brondel

Aurore Vuillemin-Plançon, déléguée départementale du Rassemblement National :

La nomination de Gabriel Attal à Matignon ne va rien changer, c’est le 4ème premier ministre depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, et n’a été nommé pour sa popularité, ce qui en dit long sur la façon de gouverner.
A chaque remaniement, la situation se dégrade à tous niveaux: social, économique, sécuritaire, migratoire .
Mr Attal a par le passé été ministre des comptes publics et nous avons vu le résultat, lorsqu’il a été ministre de l’éducation il a vu sa popularité monter grâce aux nombreuses mesures qu’il a repris de Marine le Pen notamment interdire l’abaya et promouvoir l’uniforme à l’école.
Concrètement rien ne va changer, il va continuer la politique macroniste actuelle qui fait tant de mal. Seul un changement de famille politique et la victoire de Marine Le Pen permettront à la France d’aller mieux.
C’est ce 9 juin aux urnes, sorte d’élection de mi-mandat présidentiel, que les français pourront sanctionner sévèrement sa politique en plaçant largement en tête la liste de Jordan Bardella.

 

Aurore Vuillemin-Plançon,

 

 

Willy Bourgeois, secrétaire fédéral du Parti socialiste et vice-président de la région :

En toute franchise, je n’attendais pas grand-chose de ce remaniement. Emmanuel Macron est en perte de vitesse, sans cap politique avec un second quinquennat qui ne décolle pas. Aujourd’hui, il met la barre « à droite toute » en intégrant dans son gouvernement de vieux amis de Nicolas Sarkozy pour affaiblir encore plus les LR en marge des élections européennes.
Après la suppression de l’ISF, la mise à mal du logement, les réformes injustes du chômage, du RSA et des retraites qui précarisent toujours les mêmes, celles et ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre, la récente loi immigration a constitué une bascule politique et morale.
Cela ouvre à la gauche et aux socialistes une responsabilité et un chemin pour proposer une alternative face à un camp de plus en plus réactionnaire. C’est possible avec une gauche large composée des partis politiques, syndicats, associations…
La démarche autour de Raphaël Glucksmann aux européennes est assurément pour nous un point d’étape.

Willy Bourgeois.
Willy Bourgeois.