Récession : ça se précise !

Le mot qui fait peur est désormais dans tous les esprits, la question étant désormais de savoir quand le glaive tombera.

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Pour de nombreux analystes, la fête est finie pour certains spéculateurs.

Malgré les discours plutôt rassurants des grands argentiers français et européens, le spectre de la récession prend davantage forme. Les marchés quant à eux, anticipent déjà un ralentissement conséquent de l’économie, comme le prouvent certains soubresauts dans le secteur des matières premières.

Rappelez-vous ! Après l’effondrement de toutes ces matières (y compris le pétrole qui était alors vendu à prix négatif pour écouler des stocks inutilisés) lors des premiers confinements en 2020, la levée de ces derniers avait conduit à un fort redémarrage économique conduisant aux fameux « goulets d’étranglement », synonymes de flambée des cours. Une flambée quasi continue depuis…jusqu’à ces dernières semaines. En effet, depuis la fin du printemps, un métal aussi indispensable que le cuivre, indicateur phare des marchés, a chuté de près de 25%. Idem pour l’aluminium ou le nickel, (indispensable à la fameuse transition énergétique, pour fabriquer des batteries de voitures électriques) qui eux se sont effondrés de plus de 40, voire 50% par rapport à leurs plus hauts atteints au printemps 2022. Voilà qui a de quoi surprendre au vu de stocks toujours bas (voire très bas), et d’une offre toujours (très) limitée.

Pour de nombreux analystes, la fête est finie chez les spéculateurs à la hausse de ce secteur : « Mister market » anticipe désormais une récession marquée aux États-Unis, qui sera (ou est déjà) le pendant de la folle période d’inflation connue depuis des mois. Et quand l’Amérique du nord tousse, l’Europe s’enrhume : vu la mondialisation et ses imbrications, il n’y a aucune raison que l’Europe soit protégée d’un ralentissement généralisé. Seule la Chine semble repartir de l’avant, mais la première usine du monde n’étant pas la première consommatrice du monde, cela risque d’être juste pour compenser une tendance de fond universelle ou presque…

Si tout cela semble un peu théorique, rappelons aussi que chaque récession conduit à des destructions d’emplois, et que nous allons sans doute aussi vers un retournement sur le marché du travail hélas…

La rédaction 

Les conteneurs moins chers ?

Après avoir connu des hausses stratosphériques en 2021 et une excellente santé au premier semestre 2022, le secteur du transport maritime s’attend à des jours moins bons du fait du ralentissement économique à venir. Mais cet effet désinflationniste sera compensé par deux phénomènes : le premier, conjoncturel, se prénomme’ la saison de pointe’. C’est en effet durant l’été que partent des conteneurs destinés à remplir la hotte des Pères Noëls occidentaux. L’autre, plus pérenne, touche à l’écologie. Si on tape toujours sur les automobilistes, il ne faut pas oublier qu’un seul porte-conteneur pollue beaucoup : autant d’oxydes de soufre qu’un million de voitures environ, même si en revanche il rejette moins de CO2 que le transport terrestre par exemple. Quoi qu’il en soit, 45% de la flotte mondiale n’est pas au niveau de la norme anti-pollution qui entrera en vigueur au 1e janvier 2023 : de quoi susciter davantage de tensions sur les prix…comme d’ailleurs l’ensemble de la transition énergétique !