Précarité alimentaire mise en avant dans le rapport annuel du Secours Catholique

En 2020 : 777 000 personnes dont 367 500 enfants ont été accompagnées par les 61 300 bénévoles répartis dans 3 500 équipes du Secours Catholique Caritas France.

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François Bernot est en contrat d'insertion au Secours Catholique. Ici dans le jardin partagé de Poligny.

Bruno Hypolite, coordinateur en animation au Secours catholique présentait dernièrement à la Maison du Diocèse à Poligny, le rapport annuel de l’association sur l’état de la pauvreté en France. En 2020, la précarité alimentaire à l’heure de la crise sanitaire est au cœur de ce rapport. 38 800 situations analysées (ménages).

Un revenu médian de 537 € soit 6 € de moins qu’en 2019

La pandémie a cruellement mis en lumière les vulnérabilités de la société Le niveau de vie médian des ménages accueillis était en 2020 de 537 € soit 6 € de moins qu’en 2019.
Tous les profils avançant sur une lame de rasoir depuis quelques années, étudiants, artisans, auto-entrepreneurs) ont basculé dans la pauvreté. Celles et ceux qui se trouvaient déjà dans cette situation ont vu leur quotidien s’aggraver et ce malgré les aides publiques. Quant aux sans-papiers, ou autres personnes vivant d’activités informelles, leur pauvreté n’a fait que se renforcer.

Une enquête sur l’alimentation a été réalisée en complément du rapport annuel

En complément de son rapport 2021 alertant sur la dégradation du niveau de vie des plus précaires, l’association a complété son étude avec une enquête approfondie sur la question spécifique de l’aide alimentaire et de l’accès à l’alimentation d’urgence allouée par le Secours Catholique de mars à mai 2020 (1er confinement).

 « La précarité alimentaire toujours liée à l’insuffisance et à l’instabilité des ressources. »

La crise sanitaire a mis en avant les difficultés liées à l’alimentation pour les familles les plus modestes. 57 % de primo-demandeurs d’aides alimentaires en plus en 2020. Une augmentation due à la fermeture des cantines scolaires, aux pertes de revenus liées au chômage partiel, des difficultés de mobilité pour aller où l’alimentation est moins chère … tout cela cumulé a généré dans les ménages de très grandes difficultés. « Lorsque l’on se trouve en situation de précarité, la question alimentaire est souvent la variable d’ajustement dans les choix budgétaires.  27 % des ménages ayant reçu des chèques services, ne mangent pas, de manière régulière, pendant une journée entière ou davantage. »

Les propositions du Secours Catholique

Face à ces problèmes, le Secours Catholique propose la mise en place d’un revenu minimum garanti pour tous à partir de 18 ans et en situation régulière. L’accès à un logement décent pour tous et l’accès à l’emploi pour les plus éloignés du marché du travail. La régularisation large des migrants ayant entamé leur insertion et enfin la réduction du non-recours aux prestations sociales (= des personnes pouvant prétendre à des aides ne les perçoivent). Permettre aux personnes de se nourrir dans la dignité.

Les actions réalisées dans le Jura

1 panier solidaire concernant 10 ménages consom’acteurs, 5 jardins partagés, 1 emploi d’insertion (François Bernot), 1 verger, 1 volontaire en service civique et un partenariat d’accompagnement avec Solidarité Paysanne.

François Bernot témoigne : « Demandeur d’emploi longue durée, j’ai été en 2020 bénévole au sein du jardin partagé de Poligny. Puis le Secours Catholique m’a proposé un contrat d’insertion et je suis embauché chez eux depuis le 7 juin dernier jusqu’au 7 avril 2022. En plus des compétences acquises et avec l’aide du Secours Catholique, je vais pouvoir passer mon permis de conduire et trouver un emploi sur le long terme. Je remercie le Secours Catholique pour ce grand coup de pouce ».