Il manque 300 sapeurs-pompiers volontaires dans le Jura

Le service départemental et de secours du Jura (SDIS) a encore et toujours besoin de volontaires supplémentaires. Afin de compenser la perte globale des effectifs de 8% subie lors des cinq dernières années, un nouveau plan de recrutement a été lancé jeudi dernier à la Direction départementale des services d’incendie et de secours du Jura. Explications.

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Le prix de la proximité

Comme le souligne Clément Pernot, le Jura a un niveau d’exigence par rapport au nombre élevé de centres dans le Jura, soit 54. Ce maillage territorial semble important si on le compare à d’autres départements. Cette exigence du maintien de proximité des élus locaux génère un besoin de pompiers volontaires.
« On pourrait vivre avec 40 centres par exemple, mais on ne tient pas à aller dans cette direction car ce maillage permet de pallier aux carences hospitalières et urgentistes » souligne le président du Département.
Les centres les plus touchés par cette pénurie sont ceux de la petite montagne où il n’y a pas un bassin de population suffisant pour alimenter les effectifs. De plus, les forces vives de ces régions ne travaillent plus souvent sur place, d’où la difficulté des interventions en journée. L’afflux de touristes pendant la période des vacances augmente le nombre d’interventions, ce qui nécessite  le renforcement de ces centres concernés par des gardes saisonnières. On constate également que les carrières longues surtout chez les jeunes ne sont plus d’actualité, d’où un turnover de plus en plus important, en sachant que le renouvellement des contrats se fait tous les 5 ans.

Le colonel Hervé Jacquin, Clément Pernot, Philippe Huguenet.

Le risque est le retard apporté aux secours

En 2018, il y a eu un plafonnement des effectifs pour des raisons budgétaires, suivi d’un déplafonnement, de plus, la crise sanitaire n’a pas arrangé les choses avec 65 sapeurs non vaccinés à qui il a été demandé de rester à la maison…
La mise en disponibilité de 195 pompiers n’a pas arrangé les choses. Ces pompiers sont toujours comptés dans les effectifs, ce qui fausse les statistiques. Cette augmentation de mise en disponibilité ajouté à un sociétal manque de vocation explique cette difficulté à recruter. Ainsi, on note une perte globale des effectifs s’élevant à 8% sur les cinq dernières années. Comme l’a rappelé le président, le système de sécurité civil repose entièrement sur les pompiers et pallie de plus en plus à la défaillance des services publics, urgences et hôpitaux. Le risque de ce manque de personnel est le retard apporté aux secours qui sont obligés de faire appel parfois au centre le plus éloigné en lieu et place du plus rapproché.
« Le volontariat est la clé de voute du système, ce n’est pas du bénévolat, le pompier volontaire est indemnisé car l’engagement est très fort et très lourd ».

Opération de communication

Des initiatives ont déjà été engagées dans le passé comme des actions locales de portes ouvertes dans les centres, ou la participation à des forums avec des jeunes. Il est aussi pratiqué l’engagement différentié qui permet aux volontaires qui ne veulent pas faire de feu de n’effectuer que du service à la personne par exemple. On pratique également l’engagement « au fil de l’eau » qui permet au volontaire d’avoir une formation immédiate sans avoir à attendre la prochaine session.
Ces actions n’étant pas apparemment suffisantes, il va être lancé une vaste campagne de communication, d’abord sur les réseaux sociaux et parallèlement par une présence accrue aux grandes manifestations départementales avec l’installation d’un « village prévention » qui a un impact visuel important. Ainsi le congrès départemental qui aura lieu le 10 septembre à Poligny comprendra des animations toute la journée. Chaque centre est également invité à faire des actions de communication.

Un groupe de jeunes sapeurs pompiers.