(T)ol(l)é !

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Jeudi dernier était présentée par le groupe LFI une proposition de loi portée par le député Aymeric Caron, visant à abolir la corrida. Proposition avec laquelle il est difficile de ne pas être d’accord tant ce spectacle de torture se révèle écœurant de lâcheté, puisque l’homme (enfin le toréro) et le taureau ne luttent pas à armes égales dans cette arène où l’on s’amuse d’une douloureuse et cruelle agonie.
Comment est-ce encore possible ?
Toujours est-il qu’entre manœuvres politiciennes et obstructions parlementaires, cette proposition de loi n’a pas pu bénéficier du débat serein que les Français appelaient de leurs vœux, et le groupe LFI a préféré la retirer…
« C’est encore une occasion de mettre fin à une pratique génératrice de souffrances, à un symbole que les animaux restent considérés comme des choses dans notre société, que les députés viennent de manquer. Interrogés un par un, tous se diront viscéralement attachés au bien-être animal. Alors, où sont les actes ? se demande Hélène Thouy, coprésidente du Parti animaliste ».
Laquelle poursuit : « Je suis révoltée, ce n’est à la hauteur ni des enjeux, ni de l’attente des Français, que de saboter ainsi cette proposition de loi ! ».
Pour Douchka Markovic, conseillère de Paris et coprésidente du Parti animaliste : « La corrida divise dans tous les partis, les élus ne veulent pas se mettre un territoire à dos, mais c’est un calcul purement électoraliste et peu avisé puisque plus des trois quarts des Français sont contre ! « . En effet, 77% précisément.
Ainsi, le Parti animaliste saluait l’engagement de ceux qui ont porté cette loi, mais regrettait « la puérilité de l’opposition qui leur a été faite par leurs collègues, obligeant à son abandon face à plus de huit cents amendements absurdes, déposés dans un seul et évident but d’obstruction indigne de leur fonction ».
« Certes, les esprits politiques évoluent et la corrida s’est immiscée plus que jamais à l’Assemblée nationale, mais les attentes des citoyens sont une fois de plus ignorées avec un grand dédain. C’est une immense déception. Cette cause est pourtant rassembleuse et transpartisane, tout le contraire de ce que veulent nous faire croire ceux qui jouent la division, ajoute Douchka Markovic. Aujourd’hui, la démocratie est en panne et je plaide pour le traitement de ces sujets par référendum. La condition animale avancerait beaucoup plus vite si elle était directement mise dans les mains de nos concitoyens ».
Voilà le vrai problème. Cet outrageant déni de démocratie, ce mépris de l’opinion publique pourtant ultra-majoritaire de la part de certains de nos dirigeants.
Rappelons pour ceux qui l’auraient oublié et parlent encore de « bêtes » pour les désigner, que les animaux sont des êtres sentients, dont l’instinct incite à éviter la douleur, se nourrir et à se reproduire. C’est-à-dire à vivre et perpétuer leur descendance.
On sait maintenant qu’ils ressentent des émotions. Ils ont même la capacité d’éprouver des sentiments subjectivement, d’emmagasiner des expériences vécues et ainsi d’améliorer leur existence. Ce à quoi certains humains qui le pourraient aussi, se refusent pourtant. Alors qui est le plus « bête » finalement ?
Probablement celui qui préfère occulter qu’un être qui souffre reste un être qui souffre, quels que soient son espèce, sa couleur de peau, son sexe ou son (supposé) degré d’intelligence ou de conscience…