Pourquoi cette prolifération persistante de moustiques ?

Le phénomène apparait comme exceptionnel en octobre. Il est du aux successions de vagues de chaleur et de pluies des dernières semaines. Explications.

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Il n’y a pas seulement le sujet des punaises de lit qui embrase l’actualité !
La prolifération inhabituelle de moustiques dans 21 départements de l’Hexagone (dont le notre) fait actuellement l’objet d’une publication particulièrement suivie par les autorités sanitaires.
Dans le Jura, ce sont les communes de Tavaux, Damparis et Abergement la ronce qui sont visées par « un phénomène exceptionnel », repéré depuis la fin du printemps. Le problème, c’est qu’il semble se poursuivre, même en cette mi-octobre…

 

Stéphane Robert.

 

Stéphane Robert, Président Vigilance Moustiques explique que le phénomène n’est que l’aboutissement d’un concours de circonstances.
« S’il l’on se retrouve soudainement avec des facteurs communs, à savoir un cocktail de grande chaleur et d’humidité, alors, en effet la saison peut s’emballer selon les endroits ».
Car les culicidés ont besoin d’humidité pour pondre leurs œufs. Et pour devenir adulte de chaleur. Ainsi, s’il y a les deux en même temps, le cycle de reproduction s’opère de plus en plus vite…
Notamment lorsque se succèdent les températures anormalement élevés et les pluies orageuses, comme ce fut le cas encore dernièrement.

Risques et solutions

Il y a donc cette prolifération inhabituelle qui vient s’ajouter à la persistance du moustique tigre.
« Le citoyen s’énerve en disant que l’on ne fait rien… Mais ce n’est pas vrai » souligne Stéphane Robert.
Des poissons sont réintroduits dans les étendues d’eau, des lâchers de chauve-souris et de libellule sont aussi parfois organisés par certaines municipalités.
« Un équipement semble apporter des résultats mesurables, ce sont les bornes qui simulent l’émission de CO2 qui attire les moustiques (équipement assez onéreux). L’avantage c’est que l’on peut mesurer la quantité de moustiques que les appareils récupèrent.
De la documentation commence à arriver sur le sujet… » précise le Président de Vigilance Moustiques.
Pour autant, l’idéal serait d ‘agir en amont des proliférations…
En ce sens, des communes entreprennent des campagnes de larvicides dans les grandes étendues d’eau.
Il ne faut pas non plus sous-estimer les risques sanitaires, même s’ils restent encore marginaux, car ils ont tendance à se multiplier depuis ces dernières années.
A l’image des foyers épidémiques de dengue.
« Il y a 10 ans, on repérait un foyer de 2 ou 3 cas chaque été. L’année dernière on en a recensé près d’une dizaine, dont un comptait 90 cas ! ». Sans parler du chikungunya ou du virus zika, dont le traitement est plus lourd et plus compliqué.
« Plus ça va, plus les foyers épidémiques sont fréquents. Avec nos canicules, ils peuvent se multiplier très vite. La tendance montre qu’il y a besoin de s’organiser, de faire appel à la vigilance citoyenne (éviter les eaux stagnantes) pour moins se soumettre à ses risques ».

 

La capacité du moustique-tigre à être vecteur du chikungunya, de la dengue ou du virus zika, en fait une cible de surveillance prioritaire pour les autorités sanitaires.

 

En cas de prolifération inhabituelle, Vigilance Moustiques recommande :

-En priorité des lotions à appliquer sur la peau, fabriquées à partir d’actifs reconnus efficaces par l’Union Européenne : l’Icaridine, l’IR3535, qui présentent par ailleurs, les meilleurs taux d’innocuité (Spray Anti-moustique manouka®).
– Porter des vêtements amples, couvrant et de couleur clair.
– Des moustiquaires pour couvrir les lits des bébés, des personnes allergiques ou
dont le système immunitaire est déficient.
– Et surtout… de la patience : ces phénomènes ne peuvent pas durer si les températures
baissent durablement comme elles le font et comme elles sont supposées le
faire à l’approche de l’automne.
Cette liste n’est pas exhaustive des cas de proliférations inhabituelles de moustiques en
France Vigilance-moustiques continuera de surveiller ces phénomènes dans les prochaines
semaines…