L’Édito. Leurs désirs font désordre

0
307

Bien que me sachant attendu à ce sujet, il me semble futile d’évoquer ici le coup de tonnerre politique qui a frappé notre pays dimanche dernier.
Et pour cause, tout était tellement prévisible !
En effet, cela fait des années maintenant, que je dénonce et m’indigne dans ce même espace de libre expression qui m’est ici chaque semaine réservé, la déliquescence de notre époque, le leurre du progressisme, la suffisance de bon nombre de nos dirigeants décadents (pas seulement ceux actuels, cela fait environ 40 ans qu’ils se repassent tour à tour les plats de l’immobilisme et appliquent soit la politique de l’autruche, soit celle du « pas de vague »), les dysfonctionnements ubuesques d’un système en perdition, la vente à la découpe de nos services publics de plus en plus défaillants (santé, éducation, sécurité, etc…), tout en alertant sur la facture de ces fractures qu’il faudra bien payer un jour « quoi qu’il en coûte », l’action politique ne pouvant se conduire « en même temps » partout à la fois, et convenablement…
Et bien voilà, on dirait bien que le grand soir est venu. Qu’une salutaire gifle de réalisme ait soudainement réveillé le grand monstre froid technocratique qui sommeillait sous les plafonds dorés de nos poussiéreuses institutions.
Qu’une majorité du peuple se refuse désormais à avaler les couleuvres des sempiternels « éléments de langage », comme ceux entendus dimanche soir dernier de la bouche d’épouvantails en col blanc (et aux émoluments à 5 chiffres qui vont généralement avec) tentant vainement de nous rejouer toujours et encore leur mauvaise farce, prenant une mine grave et leur ton faussement attristé, pour affirmer face caméra « comprendre le cri de désespoir des Français » mais suppliant de « ne surtout pas céder à la tentation de la haine ». Et espérer que tout rentrera ainsi dans l’ordre à coup de fausses promesses.
Mais quelle haine au fait ?
Celle d’une auteure qui titre son livre « Moi les hommes, je les déteste », sans que cela n’offusque personne ?
Ou encore celle d’une « militante engagée dans les luttes contre les violences policières et les injustices sociales » insultant des manifestants opposés à ses propres convictions politiques de « Sale blanc de merde » ?
Ah non, pardonnez-moi, j’avais oublié l’article 1 de la bien-pensance. Celui stipulant que l’extrémisme peut changer de degré d’acceptabilité, selon qu’il soit classé d’un côté ou de l’autre de la balance idéologique…
Un précepte à géométrie variable dont visiblement les jours sont comptés.
Ce qui, théoriquement, devrait ravir tous ceux attachés à la stricte honnêteté intellectuelle de principe, tous les convaincus de la nécessité de l’éternel retour, et accessoirement, tous ceux souhaitant réellement que notre pays sorte enfin du marasme économique, sociétal et civilisationnel, dans lequel il est englué depuis bien trop longtemps.
Avec pour seul et simple objectif de retrouver plus de sécurité, plus de pouvoir d’achat, et accessoirement, la concorde et l’efficacité indispensables à la réapparition de jours meilleurs…