L’invitée de la semaine : Michèle Yahyaoui

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Michèle YAHYAOUI.

Michèle Yahyaoui, vous venez de boucler le dernier numéro des carnets comtois. Pouvez-vous nous retracer l’histoire de cette belle aventure ? 
J’ai fondé Carnets comtois il y a dix ans dans ma chambre d’amis à Besançon. Auparavant j’étais journaliste à L’Est Républicain et j’ai eu envie de créer une publication qui me soit plus personnelle. Je voulais parler de la beauté des lieux et de la mémoire des hommes en Franche-Comté. J’avoue que lorsque j’étais salariée, je n’avais pas pris toute la mesure des compétences qui gravitaient autour de moi. Des collègues étaient chargés du secrétariat, des ventes, de la comptabilité, de la publicité. Pour Carnets comtois, j’ai dû exercer de multiples fonctions, mais heureusement, je considérais chaque édition comme un bel aboutissement. Pour la mise en page, je me suis rapprochée d’un graphiste indépendant au départ, Joachim Bulle. Celui-ci a été ensuite embauché par l’agence Wazacom, et a continué à se charger des Carnets. C’est grâce à lui si le magazine est si élégant.

Pourquoi cessez-vous cette activité et que ressentez-vous à la sortie de ce dernier numéro ?
Le temps a filé plus vite qu’une luge sur une piste enneigée. Je suis à la retraite depuis le 1er janvier, et je me sens fière d’avoir mené cette belle aventure à bien. Ce n’était pas gagné d’avance, car au début de Carnets comtois, j’ai souvent envisagé de chercher un job d’été pour résister. Une année, j‘ai même fait une incursion en Suisse pensant que j’allais peut-être gagner rapidement beaucoup d’argent. Le rêve suisse… Je suis allée dans deux ou trois agences intérim où on m’a demandé mes compétences. Quand j‘ai dit que j’étais journaliste, on m’a regardée en souriant, l’air de dire vous êtes gentille, au-revoir Madame. Je suis retournée m’occuper des Carnets. Heureusement, la vie est devenue plus facile au fil du temps. Le magazine a trouvé sa vitesse de croisière, s’est toujours enrichi et étoffé jusqu’à cette dernière édition. Peut-être sera-t-il emmené vers d’autres sommets, qui sait. De mon côté, je vais continuer à skier, marcher, faire du vélo, juste pour le plaisir de respirer la belle Franche-Comté. L’assistance électrique, c’est fantastique !

Depuis vos débuts, les années sont passées et avec elles, de nombreux événements locaux ou nationaux. Que retenez-vous de toutes ces pages que vous avez noircies ? 
J’ai rencontré beaucoup de belles personnes en dix ans de reportages pour Carnets comtois. Pour notre dernier numéro, le n°50, j’ai rouvert les éditions des hivers passés comme on feuillette un album de famille, et sélectionné des articles « coups de cœur » souvenirs de découvertes inattendues et rencontres marquantes. Le choix a été difficile tant celles-ci ont été nombreuses. Je garde un très bon souvenir de mes escapades avec les photographes qui m’ont accompagnée. Un grand merci à eux pour leurs belles photos !

Vous évoquez dans cette ultime édition la beauté sauvage du Jura. Selon vous, si l’on cherche à découvrir ou redécouvrir le département, où doit-on principalement se rendre et que peut-on y faire ?
Avec Carnets comtois, j’ai eu le bonheur d‘explorer davantage la Franche-Comté. J’ai été surprise de voir à quel point certains secteurs comme le pays des lacs dans le Jura attirent massivement les touristes. Encore plus depuis la crise sanitaire, et ce n’est pas sans conséquence sur l’environnement. Certes le pays des lacs est très joli, mais il existe bien d’autres endroits qui méritent le déplacement. Je repense à des balades dans les vignes autour de Lons-le-Saunier ou dans le Revermont par exemple. Au fil de mes escapades, un secteur m’a particulièrement marquée, celui des Hautes Combes situé dans le Haut-Jura du côté de La Pesse et Bellecombe, non loin de Saint-Claude. Un paradis pour le ski nordique en hiver, la marche et le vélo pendant les autres saisons. J’adore le relief ici, et les gens sont accueillants. C’est aussi un endroit où la nature semble un peu préservée comme en témoigne la diversité des plantes sauvages dans les pâtures. La maison du parc naturel régional du Haut-Jura implantée à Lajoux veille également à la préservation des animaux sauvages présents sur le territoire, comme le loup, le lynx, le grand tétras. Pour les derniers Carnets, je me suis intéressée à toutes ces belles bêtes, et ma chambre d’amis s’est transformée en tanière

Avez-vous un dernier message à faire passer à nos lecteurs ?
Je pratique le yoga et en ce début d’année, notre professeur nous a invités à chercher en nous-mêmes ce qui est vraiment important pour nous. « Vos pensées, ce sont comme des petites graines qui pousseront et porteront plus tard leurs fleurs et leurs fruits ». C’est une invitation pleine d’espoir que j’aimerais à mon tour partager avec les lecteurs, car on a tous en nous, quel que soit notre âge, des désirs et des capacités insoupçonnés qui ne demandent qu’à s’exprimer.