L’invité de la semaine : Albert Beyssier

Le délégué jurassien de la Mutuelle des motards évoque les sujets d’actualité pour les deux roues, en marge de l’assemblée régionale qui a eu lieu courant mars à Lons-Le-Saunier : état des routes, radars et répression, contrôle technique obligatoire, tour d’horizon des sujets qui fâchent…ou pas.

0
287
Albert Beyssier sur une des plus hautes routes d'Europe, au col de la Bonette.

Albert Beyssier, les motards se préoccupent souvent des radars. Quid de leur parc dans le Jura ?
Nous savons qu’il y a des voitures banalisées avec des radars embarqués d’une efficacité redoutable, mais sans avoir plus de détails. Il y a aussi les radars tronçons, les jumelles qui peuvent vous prendre à 900 mètres, les drones, etc. Aujourd’hui, pour un oui ou pour un non, vous pouvez perdre vos points. Et ceux qui roulent quand même sans permis, roulent de fait sans assurance. C’est très dangereux !

La moto reste quand même une passion dangereuse en elle-même, non ?
La ‘carrosserie’ qui nous protège, c’est notre équipement : casque, gants, bottes montantes, blouson en cuir avec une dorsale, pantalon en kevlar, etc. Plutôt que la répression, nous prêchons la liberté de rouler assortie d’une responsabilité individuelle. La Mutuelle des Motards organise aussi des sessions de formation, par exemple des journées ‘Open’ : pour 60 €, des motards sont initiés à la conduite à haute vitesse sur circuit grâce à des champions du monde d’endurance.

Que souhaitez-vous pour davantage de sécurité ?
Le Jura reste très friand de gravillons lorsque les routes sont refaites avant l’été. Il y a aussi des routes endommagées du fait du gel et du passage des poids lourds : la Mutuelle des Motards et la FFMC ont créé un site contributif recensant les nids de poule. A partir de là, nous montons des dossiers et envoyons des photos à la Direction Départementale de l’Équipement en charge des réfections, avec qui nous entretenons de bonnes relations.

Souhaitez-vous d’autres améliorations ?
On se bat depuis des années contre la disposition des rails de sécurité. L’espace entre le rail et le sol les transforme en guillotine pour les motards qui auraient chuté, nous souhaitons donc la pose d’un double rail de sécurité (même si cela a un coût), car beaucoup de gars y ont laissé leurs vies. Certains coussins berlinois sont aussi hyper dangereux.

Les motards ont ils réussi à échapper au contrôle technique obligatoire ?
Le contrôle technique sur les motos n’est pas abandonné, mais suspendu. Avec la Fédération Française de Motocyclisme (FFM), la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC) a contribué à proposer des mesures alternatives au contrôle technique, tant pour lutter contre le bruit et la pollution que pour améliorer la sécurité. Nous restons donc vigilants envers ce projet qui nous paraît absurde : il s’agirait d’un contrôle visuel, alors que la Mutuelle des Motards forme des adhérents à contrôler sa machine régulièrement (contrôle des pneus et pression, graissage de la chaîne, etc.). Nous ne voulons pas d’un contrôle qui devient de plus en plus contraignant : il n’y a qu’à voir l’exemple des voitures soumises désormais à plus de 100 points de contrôle.

Quid de la circulation interfiles ? (entre les files de voitures N.D.L.R.)
Il y a eu une tentative d’interdire cette pratique, qui a toujours existé. Une expérimentation sur 200 kilomètres a montré des résultats satisfaisants. Brièvement suspendue début 2021, l’expérimentation de la circulation interfiles est à nouveau autorisée pour une durée de 3 ans. Le périmètre de cette expérimentation concerne 21 départements, sur toutes les autoroutes et routes à 2×2 voies minimum séparées par un terre-plein central, et limitées à 70 km/h au moins. L’enjeu est d’aboutir à la légalisation de cette pratique dans le Code de la route.

La rédaction

Contact : Mutuelle des motards 04 67 50 67 50

Albert Beyssier en pleine action sur la mythique route des Grandes Alpes.