L’inflation touche surtout les territoires ruraux

En Bourgogne-Franche-Comté, comme dans l'ensemble du pays, les ménages doivent composer avec l'accroissement des prix à la consommation. Depuis le printemps 2022, ils augmentent régulièrement de 0,7 % sur un mois et de 5,2 % sur un an.

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Un surcroît d’inflation d’au moins un point

Les écarts d’inflation se sont accentués depuis le début de l’année. Par exemple, pour un niveau moyen de 4,9 % à l’été 2022 pour la France métropolitaine, l’inflation peut
aller de 4,0 % pour les moins de 30 ans à 5,9 % pour les ménages vivant en milieu rural !
Les habitants des zones rurales ont été ainsi confrontés à un surcroît d’inflation d’au moins un point. L’énergie contribue principalement à ces différences, et dans une moindre mesure l’alimentation.

La structure de la consommation varie sensiblement d’un type de ménage à l’autre

Le glissement annuel des prix à la consommation s’est élevé en moyenne à 4,9 % sur un an, en France métropolitaine. Ce niveau d’inflation est calculé pour un panier de biens et services reflétant la structure moyenne de consommation des ménages. Il peut ainsi différer de l’inflation supportée d’un ménage à l’autre, car leur structure de consommation varie sensiblement selon leurs caractéristiques et leurs préférences. Par exemple, le poids des dépenses d’énergie du logement tend à augmenter avec l’âge. Les ménages ouvriers ou employés, de leur côté, dépensent davantage en proportion de leur revenu pour le logement (hors énergie) mais moins que les cadres en hébergement-restauration.
Les habitants des zones rurales ont davantage de dépenses de carburant et d’énergie du logement. Comme la voiture leur est souvent indispensable dans leurs déplacements, leur consommation en carburant est souvent importante, et les prix à la pompe où ils
s’approvisionnent (quand il n’y a pas de pénurie) peuvent localement être plus élevés qu’en zone urbaine.

 

Les agriculteurs seraient selon l’Insee la catégorie socio-professionnelle la plus touchée par l’inflation.

Les agriculteurs et les plus de 75 ans sont, dans leur ensemble, les plus touchés par l’inflation

 

Par catégorie socio-professionnelle, les agriculteurs sont particulièrement concernés (+1,1 point). Par âge,les personnes de plus de 75 ans sont les plus touchées. Ces écarts atteignent également presque 0,5 point. La période récente se distingue nettement des six dernières années (2015-2021) où l’inflation se situait en moyenne à 1,3 % par an et où les disparités selon les catégories de ménages ne dépassaient pas alors 0,1 point. Il faut remonter à la fin des années 2000 pour observer une inflation nettement au-dessus de 2 %. Le glissement annuel des prix à la consommation s’élevait à 3,3 % en mai
2008, des divergences notables entre catégories pouvaient s’observer en particulier pour les ménages modestes et/ou vivant en milieu rural (ces derniers en particulier ayant connu un taux d’inflation de 0,6 point supérieur à la moyenne).

 

Les dépenses en énergie, principales responsables des écarts d’inflation entre les ménages

 

Quelle que soit la catégorie de ménage, c’est l’énergie qui contribue principalement aux disparités estimées entre catégories. L’alimentation n’intervient que dans un second temps, n’excédant pas 0,2 point en écart à la moyenne. Par exemple, pour les 75 ans et plus, la contribution de l’alimentation est de 0,2 point (pour un écart de +0,8 point).
Enfin, le poids des services n’est également pas à négliger. Ils participent, pour les cadres notamment, à un renchérissement relatif de +0,4 point, en raison du moindre poids de l’énergie dans leur structure de consommation. Ces premières estimations illustrent les disparités entre les différentes catégories de ménages dans la situation actuelle, mais elles ne rendent que partiellement compte de la diversité des situations.
Car comme souvent, au sein d’une même catégorie, les situations individuelles peuvent en effet être potentiellement assez différentes…

 

L’alimentation n’intervient que dans un second temps, n’excédant pas 0,2 point en écart à la moyenne.

 

L’inflation, le climat, la guerre, l’économie : les menaces les plus redoutées par les Français


Selon les résultats du sondage OpinionWay pour AuCoffre réalisé auprès de 1008 personnes, l’inflation et la perte en pouvoir d’achat qui en découle sont les premières craintes pour l’année à venir pour les Français. Mais ce n’est pas la seule source d’inquiétude : ils citent également les effets du changement climatique (17%), le conflit en Ukraine (15%) ou encore la situation économique
de la France (13%) comme le sujet qu’ils redoutent le plus pour l’année à venir.
Sans surprise, l’inflation est av
ant tout redoutée par les personnes appartenant aux catégories
socioprofessionnelles populaires, mais également par les personnes des classes moyennes. 60% des Français évaluent l’impact de l’inflation sur leur vie quotidienne depuis le début de l’année comme « assez fort ». Les plus impactés sont les femmes, les personnes appartenant aux catégories populaires, des jeunes âgés de 25 à 34 ans, et les personnes ne disposant d’aucune épargne.
Précisément, 88% des Français se disent préoccupés par la situation économique actuelle, estimant que le pire de la crise est encore à venir. Et 8 Français sur 10 trouvent que leur pouvoir d’achat a diminué depuis six mois.