L’immobilier résistait encore…

Les notaires de Franche-Comté ont livré leurs bilans sur l'année 2022, des bilans riches en enseignements.

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Les notaires de Franche-Comté détaillent par département le marché de l’immobilier.

Selon Me Gilles Hassler, président de la Chambre des notaires de Franche-Comté, « entre ralentissement de la hausse des prix et demande dynamique, le marché immobilier garde pour l’instant le cap. L’intérêt pour la pierre ne faiblit pas, du moins pas encore ». Des propos mesurés qui traduisent d’un côté « la preuve que l’attrait des Français pour le logement se maintient » et de l’autre « des conditions de financement de plus en plus restrictives (un taux moyen des prêts immobiliers dépassant 2% en octobre 2022, toutes durées confondues) et des délais de vente qui rallongent ».

Les notaires de Franche-Comté détaillent par département le marché de l’immobilier, un tableau à relativiser toutefois, car les chiffres évoqués s’arrêtent seulement à fin juillet ou fin août 2022 : on sait que de l’eau a coulé sous les ponts depuis, et que le contexte économique demeure très évolutif. Munis de ces bémols et de ces précautions, les notaires relèvent dans notre région une augmentation des prix des appartements anciens de 2,5% sur un an, et de 0,8% pour les maisons anciennes  (chiffres arrêtés au 31 juillet 2022). Pour le Jura, les chiffres montent même à +8,7% pour les premiers, et à+3,8% pour les secondes; les terrains à bâtir n’étant pas en reste avec une hausse de 5,4% sur un an. Le Jura se distingue aussi par un volume de ventes (+8,8% tous biens confondus, à la fin juin 2022) très supérieur à la moyenne régionale (+2,75%).

Des appartements cinq fois plus chers aux Rousses qu’à Saint-Claude

En pratique, dans le Jura, le prix médian d’une maison ancienne s’établissait à 150.000 € à la fin août 2022, le prix des appartements anciens à 1430€/m2, et les terrains à bâtir à un prix médian de 38.000 €.

Des données qui masquent toutefois une grande disparité entre secteurs géographiques. Les appartements anciens se vendent ainsi près de 5 fois plus chers aux Rousses (3.000 €/m2) qu’à Saint-Claude (660€/m2) ! Reflets de dynamiques économiques et territoriales, l’arrondissement de Saint Claude dans son ensemble perd 5,8% sur le prix de vente des appartements, tandis que celui de Dole enregistrait dans la même année…+ 16,7% (celui de Lons se situant en position médiane avec +11,8%). De quoi laisser songeur sur l’avenir de ce bassin de vie…

Du côté des maisons anciennes, les disparités se résorbaient heureusement avec des prix oscillant sur un an entre -0,9% pour l’arrondissement de Saint-Claude, +2% pour le bassin de Dole, et +5,7% pour l’arrondissement de Lons.

La rédaction

Chères énergies…

Le choc énergétique actuel ne fait que préfigurer un avenir placé sous le signe des économies à marche forcée. Selon Me Gilles Hassler, « l’envolée des prix de l’énergie bouscule le marché de l’immobilier et les échéances approchent. Le 1er janvier 2023, l’interdiction de louer les logements les plus énergivores, ceux consommant plus de 450 kWh/m²/an, doit entrer en vigueur. Est ensuite programmé, entre 2025 et 2034, le retrait progressif du marché de la location des logements étiquetés G, F et E par un diagnostic de performance énergétique (DPE), c’est-à-dire tous ceux consommant plus de 250 kWh. Face à ces nouvelles obligations, comment les propriétaires bailleurs vont-ils réagir ? Vont-ils rénover ? Vendre ? ». A suivre… En tout cas, le DPE jadis ignoré devient désormais un critère de choix premier.