Lons : le maire écrit au ministre de la santé

Jean-Yves Ravier a voulu l’ « alerter sur les difficultés qui font le quotidien des élus locaux et des professionnels de santé s’agissant de cette crise du système de santé qui devrait être la priorité du gouvernement ».

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Jean-Yves Ravier est maire de Lons-le-Saunier, président du conseil de surveillance de l’hôpital de Lons, et ancien professionnel de santé.

Jean-Yves Ravier, maire de Lons-le-Saunier, président du conseil de surveillance de l’hôpital de Lons, et ancien professionnel de santé, a envoyé récemment un courrier au ministre de la santé, François Braun. L’élu s’inquiète des difficultés rencontrées par le système de santé. « Si les financements pour la rénovation de services de soins ont été depuis décidés par le gouvernement de Jean Castex, – 33 millions d’euros pour la rénovation de l’établissement lédonien (NDLR centre hospitalier) – nous peinons à entrevoir les retombées d’un autre objectif du Segur pour les territoires ruraux : la restructuration et la réorganisation des offres de soins et du personnel. »
Le maire de la ville-préfecture rappelle que le Jura est victime de la suspension des consultations non programmées et de la ligne de Smur de Champagnole, la fermeture de l’hôpital de jour à Saint-Claude et que le département a subi aussi d’autres fermetures comme par exemple la maternité de Saint-Claude en 2018. « Ce sont 13 femmes qui ont, depuis, accouché sur le bord des routes quand certaines font le choix, malgré elles, d’un accouchement à domicile. »

Une désertification médicale croissante

Il écrit encore que Lons-le-Saunier, comme de nombreuses autres villes, fait face à une désertification médicale croissante. « La ville peine à attirer de nouveaux médecins, généralistes et spécialistes, malgré des conditions de travail optimales (territoire à taille humaine, maison de santé très récente au loyer modéré…). Ces médecins m’informent de la lourdeur des tâches administratives, eux qui subissent également le manque d’accès aux soins pour leurs patients. » Et de suggérer d’arrêter de rémunérer par intérim un médecin entre 2 000 et 3 000 euros par jour et de réguler leur installation.
« Le déséquilibre d’un service hospitalier engendre des répercussions sur le fonctionnement des autres hôpitaux jurassiens qui doivent répondre à ces soins. Nous ne sommes pas assez armés pour répondre, sans aide de l’Etat, à ces graves anomalies qui perturbent les services de soins en France », conclut Jean-Yves Ravier, qui demande au ministre de « l’informer dès à présent des actions immédiates prévues par l’Etat afin de répondre à ces dysfonctionnements ».