La vie des bêtes

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Gérard Bouvier.

Nous sortons de l’entre-deux tours où beaucoup en avaient plus d’un dans leur sac. Vous avez pu lire dans votre canard les efforts des candidats pour marier la carpe et le lapin et ne pas tuer la poule aux œufs d’or : ne pas se dresser sur ses ergots dès potron-minet, marcher sur des œufs en évitant de prendre la mouche et de se voler dans les plumes. Quitte à devoir rabattre son caquet. Se garder d’être le dindon de la farce quand les rats quittent le navire au pas de l’oie et en rang serrés comme des sardines.

Certains qui s’entendaient comme chiens et chats, qui s’engueulaient comme du poisson pourri, qui à chaque occasion montaient sur leurs grands chevaux passent désormais dans un trou de souris et font l’âne pour avoir du son avec des yeux de chien battu. Il y a anguille sous roche et il faut appeler un chat un chat : qu’importe si le nouvel allié obligé est un jeune loup aux dents longues et qu’il ne casse pas trois pattes à un canard. S’il a une bouche en cul de poule, ses soupirs d’oie blanche peuvent suffire pour glousser et ne point ruminer.

Celui qui ne veut plus manger de la vache enragée doit prendre le taureau par les cornes. Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier et plutôt courir deux lièvres à la fois que de bayer aux corneilles en faisant le pied de grue et en s’emm… comme un rat mort qui attend le jour où les poules auront des dents.

Si l’on n’a pas gardé les vaches ensemble on peut se retrouver pigeonné et fait comme un rat parmi ses anciens adversaires. Tel un chien dans un jeu de quilles. Pas de quoi fouetter un chat…

On a voté ! Ça, c’est fait ! On peut maintenant crier haro sur le baudet, ruer dans les brancards, hurler avec les loups et monter sur nos grands chevaux. Tuons le veau gras, les vaches à lait sont de retour.