La question de la ligne TGV au conseil municipal

L’annonce que le TGV Strasbourg-Marseille ne s’arrêtera plus à Lons-le-Saunier fait réagir. La SNCF s’explique…

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Photo d'archives.

Jean-Philippe Huelin, conseiller municipal indépendant, a posé une question orale sur le devenir de la ligne TGV Strasbourg-Marseille, lors du dernier conseil municipal de la ville de Lons-le-Saunier. En effet, depuis le 9 décembre 2018 et le début des travaux de construction d’une nouvelle voie en gare de Lyon-Part-Dieu, celle-ci ne s’arrête plus en gare de Lons. « Ce train ne s’y arrêtera définitivement plus. Cette décision contrevient aux engagements pris et réitérés à la fois par la SNCF et par le vice-président du conseil régional le 11 février 2019 », poursuit l’élu, qui reproche au maire d’avoir eu peu d’initiatives sur le sujet. « La seule initiative publique que vous-même ayez prise est votre participation à une réunion à Besançon du pôle métropolitain Centre Franche-Comté le 4 janvier 2023 qui réunissait maires et présidents d’agglomération ayant des réclamations à faire à la SNCF. La revendication d’un retour du TGV à Lons était quelque peu noyée dans le nombre. »
Jean-Philippe Huelin a demandé à Jean-Yves Ravier de lui communiquer les courriers qu’il avait envoyés pour appuyer la demande de retour du TGV. « Je n’ai reçu que le communiqué commun du pôle métropolitain du 4 janvier 2023. Mes questions sont donc les suivantes : est-ce donc la seule et unique démarche que vous ayez réalisée sur ce dossier depuis votre élection ? Si non, quelles seraient donc celles qui n’ont pas été publiques ou publiées ? Si oui, cela vous semble-t-il suffisant ? Par ailleurs, vous avez dans votre exécutif municipal un vice-président du Conseil régional, quelle stratégie avez-vous mis en place avec lui, s’il y en a eu une, pour défendre les intérêts de Lons sur ce dossier ? »

Toujours le projet du pôle d’échanges multimodal

« Comme vous le savez, la ville de Lons-le-Saunier a fait le choix de donner un souffle au projet de réaménagement de la gare routière et ferroviaire. Il s’agit là d’un travail mené sur deux mandatures. L’objectif de ce grand projet est de créer un lieu où tous les modes de déplacement se connectent », a répondu le maire. Pour Jean-Yves Ravier, le transport ferroviaire est essentiel à la vie et au dynamisme d’un territoire. « Notre volonté commune est de maintenir et développer le cadencement des lignes régulières régionales pour assurer aux actifs entrants à Lons des trajets domiciles – travail correspondant à leurs besoins professionnels. » L’autre objectif est d’assurer à chaque Lédonien la possibilité de se déplacer en train, et ce par des correspondances appropriées avec d’autres lignes régionales et des lignes entre grandes villes.
Sur ces questions, la municipalité a rencontré le conseil régional et le service mobilités de l’agglomération travaille également en ce sens « et les résultats existent. Le conseil régional, en parallèle, nous accompagne dans le projet du PEM et je salue ici leurs représentants, Mme Catherine Clerc et Monsieur Willy Bourgeois. Nous savons que nous pouvons compter sur eux pour la défense de notre territoire. »
La question de la ligne TGV, la municipalité dit aussi y travailler avec d’autres mairies et agglomérations et avec le Pôle métropolitain. « C’est collectivement que nous pourrons avoir plus de poids dans les négociations. Il s’agit d’un dossier qui ne concerne pas que Lons et sa municipalité, mais tous les acteurs publics du territoire. Certains avaient d’ailleurs pris des engagements. C’est notamment le cas de notre députée Danielle Brulebois lors de l’inauguration des travaux de mise en accessibilité de la gare le 3 décembre 2021. Je salue ses propos ce jour. Enfin je rappelle que l’État n’a pas tenu ses promesses sur ce dossier et qu’à ce stade, nous n’avons aucune information officielle de la SNCF. »

ENCADRE
La SNCF répond

La coordination régionale de la SNCF Bourgogne-Franche-Comté que nous avons interrogée a transmis cette réponse : « L’arrivée de travaux majeurs de 2019 à 2023 en gare de Lyon Part Dieu avait nécessité de réduire significativement la capacité d’accueil des trains et avait entrainé entre autres la suspension de certaines liaisons dont l’aller-retour grande vitesse Strasbourg-Marseille via Lons-le-Saunier.
Dans le même temps, la loi pour un nouveau pacte ferroviaire de 2018 a fixé des objectifs en matière d’équilibre économique et impose à SNCF Voyageurs de concilier gains de performance et contribution au développement des territoires. Or la liaison TGV via Lons-le-Saunier n’était pas soutenable économiquement depuis de nombreuses années.
Compte tenu de l’ensemble de ces éléments, il n’est donc pas envisageable, à ce stade, de repositionner cette offre TGV par ligne classique.
Nous sommes bien conscients des conséquences pour les voyageurs qui empruntaient cette liaison à Lons-le-Saunier. Nous sommes par ailleurs très vigilants à ce que ce territoire bénéficie d’une articulation performante et d’un bon maillage de l’offre ferroviaire pour permettre à chacun de se déplacer en train, y compris avec des hubs de correspondance TER/TGV comme à Bourg-en-Bresse vers Paris ou à Lyon.
Au préalable de cette décision de suspendre cet arrêt, une analyse fine des profils et des parcours empruntés par les clients lédoniens avait été réalisée pour mesurer l’impact et les alternatives possibles. L’offre actuelle permet de répondre en grande partie aux voyageurs voulant rejoindre Lyon ou Marseille : 9 allers – retours Lons <> Lyon en semaine dont 5 directs (arrivées à Lyon de 7h30 à 22h30 et arrivées à Lons-le-Saunier de 9h à 20h).
La relation Lyon <> Lons le Saunier est assurée en TER matin et soir avec des temps de parcours similaires à ceux de TGV, dans des créneaux horaires assez proches. Il existe plusieurs possibilités pour se rendre à Marseille, avec correspondance à Lyon, en 4h environ. »