La carpe, le lapin, et les petits castors

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Il était une fois, dans un pays merveilleux, alors qu’ils vivaient tous une époque formidable, l’étrange histoire d’une carpe (royale) qui s’ennuyait à barboter dans son bassin depuis trop longtemps.
Condamnée à rester hors-sol, puisque tournant en rond sous l’eau opaque de la technocratie, son champ de vision ne lui permettait que d’apercevoir un peu d’européisme, de libéralisme, de réformisme, un semblant de progressisme… Bref, sa situation la condamnait à une lente agonie. Son règne touchait à sa fin.
Heureusement, un beau jour, lors d’un début d’été, un lapin qui passait par là lui proposa un pacte de survie. Une sorte d’alliance qui, bien que profondément contre-nature, permettrait au poisson d’appréhender la connaissance du monde terrestre. Quelle surprenante découverte que de goûter à la vraie vie…
Ainsi, le lapin lui expliqua rapidement comment exploiter la radicalité à géométrie variable, tirer profit de l’idéologie wokiste, instrumentaliser la haine contre les forces de l’ordre, et plus globalement tout ce qui représente une certaine forme d’autorité.
Mis à part le grand méchant loup (et certaines de ses fourbes hyènes alliées), tous les animaux de ce magnifique pays applaudirent à cette union sacrée du renversement des valeurs et s’affairaient immédiatement à construire des barrages, afin que l’eau puisse inonder le plus largement possible l’ensemble du territoire, et isoler le vilain canidé des nombreuses terres qu’il avait pourtant légitimement conquises.
Cependant, la fée réalité qui passait par là ne l’entendit pas de cette oreille.
Soucieuse de préserver l’ordre naturel des choses, celle-ci transforma en petits castors tous les animaux ayant trop vite oublié que nul n’est propriétaire de ses voix…
Du coup, le mariage tant espéré de la carpe et du lapin n’eut pas l’effet escompté.
Beaucoup d’invités avaient trop bu, ils étaient si divergents qu’il y eut même quelques échauffourées en fin de soirée. Heureusement que les forces de sécurité, pourtant si décriées, veillaient au grain, et surent ramener un peu de calme dans cet improbable capharnaüm.
Le lendemain matin, la carpe, le lapin et les petits castors se réveillèrent honteux, vaincus, victimes d’un sournois mal de tête et d’une conséquente gueule de bois.
Édifiés à la hâte, puisqu’avec amateurisme et malhonnêteté intellectuelle, les barrages n’avaient pas résisté…
Alors, le grand méchant loup et ses fourbes hyènes alliées, retrouvèrent leur place : la première. La légende raconte même que le petit chaperon rouge (ou bleu) s’en serait secrètement félicité.
Heureusement, tout cela n’est qu’une histoire romancée.
Un épisode de politique-fiction animalier, une sorte de fable allégorique, dont toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé, ne serait bien évidemment, que purement fortuite…