Jura. Des vendanges 2026 qui marquent un tournant

Commencées dès le 10 août, les vendanges 2026 ont été marquées par la chaleur et la sécheresse. Un millésime qui interroge tout le vignoble jurassien.

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Le millésime 2026 a été marqué par des vendanges particulièrement précoces.

Dans le Jura, les vendanges 2026 resteront dans les mémoires. Les premiers coups de sécateur ont été donnés dès le 10 août, une date qualifiée d’« assez historique » par la Société de viticulture du Jura (SVJ). « On avait rarement connu ça », rappelle son techicien, Gaël Delorme, qui rapproche cette précocité de celle observée en 2003.

Cette avance s’est construite tout au long de la saison. Le débourrement affichait neuf jours d’avance sur la moyenne des vingt dernières années et la floraison dix-sept. Surtout, juin, juillet et août ont enregistré des températures supérieures de 4,5 à 5 degrés aux normales de saison. Côté pluie, le cumul depuis janvier atteignait 569 mm contre 835 mm habituellement sur la même période.

Dans les vignes, le décrochage a été brutal autour du 10 août. Flétrissement des baies, échaudage et surtout réduction de leur taille ont pesé sur la récolte. Sur le réseau de 21 parcelles suivi par la SVJ, 29 % présentaient déjà des pertes supérieures à 50 %. Et le constat s’est encore dégradé ensuite : « In fine, on est beaucoup plus haut que ça », affirme Gaël Delorme.

Un vignoble jurassien sous pression

Derrière ces vendanges précoces se dessine donc une problématique départementale. En ouvrant la réunion de la profession, la SVJ a prévenu : « Le millésime 2026 que nous venons de vivre n’est pas une anomalie isolée. » Pour la fédération, l’enjeu est désormais de « ne plus subir les transformations », mais de trouver des réponses communes pour maintenir les exploitations.

L’urgence est aussi économique. À l’échelle du Jura, 250 000 euros de dégrèvements ont déjà été accordés pour les vignes, sur 2,38 millions d’euros concernant l’ensemble du secteur agricole. D’autres dispositifs sont étudiés, notamment l’Indemnité de solidarité nationale. Le fonds d’urgence reste par ailleurs accessible aux exploitations rencontrant d’importantes difficultés économiques.

Mais la profession regarde déjà au-delà de cette récolte. Les essais conduits dans le Jura étudient les porte-greffes, la gestion de la végétation ou encore le fonctionnement des sols. Les résultats montrent notamment qu’un sol riche en matière organique et biologiquement actif présente « une meilleure résilience ». L’objectif est désormais clair : adapter les pratiques sans perdre l’identité du vignoble.

Après 2026, préparer les prochaines vendanges

Cette récolte pose surtout la question des millésimes à venir. Gel, sécheresse et chaleur obligent désormais la filière à raisonner sur plusieurs fronts. Lors de la réunion, un appel a ainsi été lancé pour réfléchir à la manière de « s’adapter à la sécheresse » et de « continuer à produire ». Les vendanges 2026 deviennent ainsi moins une exception qu’un avertissement pour l’ensemble du vignoble jurassien.