Jura. Après les sénatoriales, La France Insoumise et le Rassemblement National regardent vers les territoires ruraux

Les sénatoriales du 27 septembre ont fait évoluer la représentation de La France Insoumise et du Rassemblement National au Sénat. Dans le Jura, les deux formations misent désormais sur la ruralité en vue de la présidentielle.

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À l’approche de la présidentielle, LFI et le RN renforcent leur présence dans les territoires ruraux. Image d'illustration.

Le Jura n’était pas appelé aux urnes dimanche 27 septembre. Pourtant, les élections sénatoriales trouvent un écho jusque dans le département. Le scrutin a marqué l’entrée de La France Insoumise (LFI) au Sénat avec l’élection de Gabriel Amard dans le Rhône. De son côté, le Rassemblement National (RN) et ses alliés disposent désormais de suffisamment d’élus pour constituer un groupe.

Pour LFI, le nom de Gabriel Amard possède une résonance particulière dans le Jura. Candidat aux législatives de 2017 dans la première circonscription, il était jusqu’ici le député référent du mouvement pour le département. Adrien Lavier, coordinateur départemental, rappelle que ce choix était notamment lié à ses attaches jurassiennes.

Le RN regarde également les résultats du scrutin au-delà des seuls nouveaux sièges obtenus. Étienne Clerc, son responsable départemental, souligne notamment la progression enregistrée, selon lui, dans plusieurs départements voisins de Bourgogne-Franche-Comté. Le Jura n’était pas concerné par ce renouvellement. Pour les deux formations, l’horizon électoral se situe donc désormais ailleurs : la présidentielle et son implantation jusque dans les territoires ruraux.

Aller chercher les électeurs sur le terrain

Dans le Jura, La France Insoumise entend privilégier une campagne de proximité. Le porte-à-porte doit en constituer l’un des principaux outils. Une méthode qui se heurte cependant à la géographie du département. « La difficulté en ruralité, c’est les distances », reconnaît Adrien Lavier. Le responsable estime néanmoins que les petites villes et les bourgs permettent d’aller directement à la rencontre des habitants. L’objectif est d’adapter la campagne aux réalités locales : « Chaque département, chaque localité a ses particularités, a ses soucis. »

Services publics, coût de l’énergie et des carburants ou agriculture doivent ainsi nourrir le discours départemental de LFI. Le mouvement veut parallèlement s’appuyer sur ses militants et ses élus locaux. Une association départementale des élus insoumis et citoyens a notamment été constituée. Une vingtaine de militants participent également, selon Adrien Lavier, à la recherche de parrainages auprès des maires.

Le RN affiche une méthode qui repose elle aussi largement sur la présence physique. « Ce sera du terrain, du terrain et du terrain », résume Étienne Clerc, nommé en juillet à la tête de la fédération jurassienne. Depuis la rentrée, celle-ci a mené des actions dans plusieurs secteurs du département, de Saint-Claude à Champagnole, en passant par Dole, Lons-le-Saunier ou Saint-Amour.

La ruralité comme enjeu de campagne

Le choix du lieu de la rentrée départementale du RN participait déjà de cette stratégie. Plutôt qu’une grande ville, la fédération avait retenu Gevingey pour réunir plus de 100 adhérents et sympathisants selon Étienne Clerc. « Il nous apparaît aussi important de venir à la rencontre des Jurassiens en ruralité directement », explique-t-il. Une présence militante qu’il annonce vouloir amplifier à mesure que la présidentielle approchera.

Dans son discours local, le RN associe cette ruralité au pouvoir d’achat, au prix du carburant, à l’accès aux soins, aux préoccupations du monde agricole et aux difficultés des entreprises. « La ruralité est au cœur du projet présidentiel », affirme Étienne Clerc, tout en précisant que celui-ci n’a pas encore été présenté dans sa totalité. Il insiste notamment sur le poids des déplacements dans un département où la voiture occupe une place importante.

L’agriculture figure également parmi les sujets mis en avant par LFI. Lors de la récente venue de la députée Manon Meunier dans le Jura, les échanges ont notamment porté sur l’agriculture et les conséquences du changement climatique. Adrien Lavier évoque les difficultés rencontrées par les maraîchers après les fortes chaleurs et défend, au nom de son mouvement, un prix plancher garanti pour les agriculteurs.

Avec des propositions, des électorats et des implantations différents, LFI et le RN placent ainsi tous deux la ruralité dans leur stratégie départementale. Après des sénatoriales qui ont modifié leur représentation au Palais du Luxembourg, les deux formations entendent désormais multiplier les contacts directs avec les Jurassiens. À l’approche de la présidentielle, la campagne passera aussi par les bourgs et les communes rurales.