« Je ne sais pas si je vais retrouver ma fille en vie »

Face à l'anorexie sévère de sa fille, une maman s'inquiète et cherche des solutions.

0
165
Manger, un plaisir devenu une épreuve pour les anorexiques.

28 kilos pour 1,58 mètres : comment (sur)vivre quand on n’a plus que la peau sur les os ? Cette question taraude Gisèle Buclet, jurassienne dont la fille, âgée de 45 ans, vit en anorexie sévère depuis son adolescence. « Ma fille est en danger, je ne sais pas si je vais la retrouver en vie quand je m’absente ».
D’après elle, environ 10% des anorexiques peuvent mourir de cette pathologie qui empêche les patients de s’alimenter, et « 30% s’en sortent, 30% galèrent, et 30% galèrent vraiment beaucoup ». Ce qui est le cas de sa fille, qui va de services hospitaliers en services hospitaliers…sans résultats.

« Qu’est ce que vous voulez que l’on fasse ? »

Ce qui frappe surtout les proches de malades, c’est l’incompréhension totale régnant autour d’eux : « qu’est ce que vous voulez que l’on fasse ? » étant la conclusion de séjours répétés aux urgences. Quant aux services spécialisés, ils relèveraient selon Gisèle Buclet plus de la pénitentiaire que du soin : « les malades sont enfermés et obligés de s’alimenter pour avoir droit de téléphoner », ouvrir une fenêtre ou prendre une douche relevant aussi du registre de la faveur.
Pourtant l’anorexie relève de prédispositions génétiques et de fragilités psychologiques, c’est donc le mental qui faudrait soigner avant de forcer une malade à manger ou à lui mettre une sonde naso-gastrique dans le nez.
Gisèle Buclet pour sa part, demande juste « qu’on arrête de culpabiliser les malades » qui sont déjà considérés comme des pestiférés aux yeux de la société. Dans la rue ou dans des lieux publics, leur extrême maigreur fait peur et les conduits à un grand isolement. Un cercle vicieux qui conduit certains au pire, comme cette jeune fille de 18 ans décédée il y a quelques années à Chapelle-Voland. Pour ne pas en arriver, Gisèle Buclet espère davantage de moyens spécifiques et un peu plus d’écoute…