Inflation ou inflations : les vrais chiffres

Derrière "le" chiffre officiel émanant de l'INSEE se cachent une foule de situations dans lesquelles les ruraux ne sont pas les mieux lotis.

0
74
les agriculteurs seraient selon l’Insee la catégorie socio-professionnelle la plus touchée par l’inflation.

Elle monte, elle monte : l’inflation n’en finit plus de laminer le pouvoir d’achat des français et des franc-comtois. Même si l’Insee prévoit un pic à 7% en septembre avant des jours meilleurs, elle a prévenu que 2023 serait aussi une année ‘sans’ pour le pouvoir d’achat (sic). Mais derrière ces généralités se cachent moult situations divergentes. L’Insee reconnaît ainsi dans une de ses dernières notes qu’un point d’inflation peut jouer en plus ou en moins selon que l’on est rural ou urbain (puissant ou misérable…). Sans surprise, les ruraux de nos régions semblent une fois de plus les dindons de la farce. Obligés d’utiliser leurs chères (au sens propre et figuré) voitures, le fossé se creuse avec les urbains utilisateurs de transports en commun encore « bon marché ». Pire, les agriculteurs seraient selon l’Insee la catégorie socio-professionnelle la plus touchée par l’inflation : 6% pour eux en avril, contre 4,5% pour les cadres. Au final, l’Insee reconnaît que pour certaines catégories de la population, l’inflation a été 10 fois plus inégalitaire en 2022 qu’« entre 2015 et 2021, où les disparités selon les catégories de ménages ne dépassaient pas 0,1 point ».

La France moins impactée que d’autres

Ce constat étant établi, on peut quand même se comparer à autrui pour se consoler au lieu de se désoler. Et à ce petit jeu, la France s’en sort un peu moins mal que d’autres voisins européens. Ainsi l’Allemagne fait fort avec 8% d’inflation actuellement, sans compter les 10% ibériques ou certains pays d’Europe de l’Est (Bulgarie, Lituanie, etc). En Allemagne, le retour de la TVA à la normale (+ 3 points) après avoir été abaissé en 2020 explique celà, tout comme l’instauration d’une taxe carbone. L’autre explication relève de l’arithmétique : l’inflation étant calculée par rapport à l’année précédente, il s’avère que les prix avaient moins chuté à cette époque en France que dans d’autres pays européens. Partant de plus haut, le différentiel ou « effet de base » est donc plutôt propice au coq gaulois. Mais face à cette crise avant tout liée à l’explosion des énergies, la France adoucit également un peu le choc grâce à la puissance de son électricité nucléaire (fragilisée néanmoins par des questions d’entretien et d’investissements) et par le fameux bouclier tarifaire qui évite aux ménages et à certaines entreprises de prendre la totalité des hausses à leur charge. Heureusement…

La rédaction 

Une inflation galopante

Selon nos confrères de « Que choisir », en juin 2022, l’inflation est toujours en pleine forme.

Qu’on en juge (chiffres annualisés) :

Achats en grande surface +6,2%

Alimentation +5,6%

Hygiène beauté +11%

Électricité +8%

Gaz + 39%

Gazole +50%

Essence + 39%

Fioul + 92%

Équipements de la maison + 2 %

Forfaits (téléphone, internet) + 1 %

Multirisques habitation + 3%

Mutuelles santé + 3%

Banques + 3 %

Loyer + 0,6 %

Dépenses logement + 7 %

Achat de véhicule + 5 %

Transports + 5 %

Restauration hôtels transports + 4 %

Habillement + 4 %

Santé-social + 1 %

Soit une inflation globale de 6,9% selon « Que choisir », qui agrège des données de l’Insee avec ses propres observations (relevés en grandes surfaces, etc.).