Immobilier : correction et grosses économies au menu

Après de folles années, l’immobilier pourrait corriger d’environ 15% à l’horizon 2023. Une opportunité pour les acheteurs, qui profiteront aussi d’une assurance emprunteurs beaucoup moins onéreuse.

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Comme nous le dévoilions en avant-première il y a plusieurs mois, l’immobilier, valeur refuge des Français par excellence, risque lui aussi de connaître un trou d’air dans les mois à venir. En cause, l’inflation galopante qui fait flamber tous les prix… sauf ceux de la pierre. Face à cette situation inédite depuis près de 36 ans, la Banque centrale européenne (BCE) se doit d’emboiter le pas de la Banque centrale américaine (FED), et sa présidente Christine Lagarde a levé le vrai-faux suspens entourant une (première) hausse de ses taux directeurs en juillet 2022. Des taux donnant le « la » sur les marchés financiers, et sur le niveau des crédits immobiliers entre autres. Mieux vaut prévenir que guérir : après avoir inondé les marchés de liquidités depuis des années via son « quantitative easing », la BCE vient de lancer un sérieux signal d’alerte dans son dernier rapport semestriel sur la stabilité financière. Selon la vénérable institution basée à Francfort, « une hausse soudaine des taux d’intérêt réels pourrait déclencher une correction des prix de l’immobilier à brève échéance, le niveau actuellement bas des taux d’intérêt rendant plus probable un retournement marqué des prix des logements ».
Une correction estimée à 15% en moyenne, correspondant à la surévaluation des biens à travers notre continent. L’avertissement semble d’autant plus sérieux qu’il a été précédé d’un coup de semonce en fin d’année 2021 déjà… Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, les acheteurs pourraient donc se trouver en meilleure position face aux vendeurs : une bonne nouvelle du côté de l’offre qui se double d’une bonne nouvelle du côté de leurs financements.

Des emprunteurs libérés, délivrés !

Depuis le 1e juin, une véritable révolution, arrachée au secteur banquier après 10 années de tractations est enfin survenue. Fini les emprunteurs prisonniers de leur assurance (obligatoire) souvent souscrite auprès de la banque ayant accordé leur crédit. Comme pour d’autres types d’assurance, il est désormais possible de la résilier à tout moment par simple courrier, au lieu d’une lettre recommandée envoyée auparavant deux mois avant la date anniversaire du contrat (un formalisme souvent oublié des clients).
Cette disposition s’applique dès le 1e juin pour les nouveaux contrats, et à compter du 1e septembre pour les prêts déjà signés, avec à la clé d’incroyables économies : de 5.000 à 8.000 € pour des contrats déjà existants, et jusqu’à 15.000 € ou plus pour des prêts à souscrire ! Cerise sur le gâteau, le fameux questionnaire médical passe désormais à la trappe, sous conditions (prêt de moins de 200.000 euros, et dont le remboursement arrive à échéance avant le 60e anniversaire du souscripteur). Enfin, les malades d’un cancer ou de l’hépatite C pourront, 5 ans après leur guérison, « oublier » de le déclarer à leur banquier, un délai qui auparavant courait sur 20 ans (puis 10 ans)…
Revers de la médaille, les banques sont devenues plus exigeantes en matière d’apport : si l’an dernier, il était encore possible pour les beaux dossiers d’un apport quasi nul, la barre se situe désormais à environ 20% pour qu’un crédit soit accepté. Le réseau Finance Conseil a même pointé une hausse impressionnante du niveau d’apport exigé : pas moins de + 78% sur un an. Des restrictions sur lesquelles nous reviendrons…

La rédaction