Il y a 130 ans dans le Jura… mort-né ou infanticide ?

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Semaine du 20 au 26 décembre

Le 22 décembre 1891, un rédacteur du Petit Comtois rapporta un fait aussi regrettable que tragique s’étant déroulé vers Septmoncel. Louise Godet, âgée d’une trentaine d’années, née à Chézery dans l’Ain, fut « prévenue de suppression d’un enfant nouveau-né ». Une accusation qui reflète plus globalement une réalité qui s’applique pour la fin du XIXe siècle : celle des infanticides. Des bébés non-désirés pouvaient ainsi être tués par leurs parents, par exemple, pour éviter de nourrir une bouche supplémentaire ou pour cacher une infidélité.

Louise Godet expliqua toutefois avoir « accouché d’un garçon mort-né ». La mortalité des nouveau-nés et la mortalité infantile étaient élevées au XIXe siècle. Jules Michelet écrivait même en 1859 que « Le berceau est pour la plupart des enfants un petit moment de lumière entre la nuit et la nuit ».

La mortalité pouvait être endogène, au moment de la naissance (malformations…), ou exogène (maladies…).

Aujourd’hui, la mortalité infantile en France est relativement rare, bien que toujours existante. Ainsi, en 2016, 2 900 enfants de moins d’un an décédèrent, soit 3,7 décès pour 1000 naissances vivantes. La moitié de ces 2 900 enfants sont morts avant une semaine de vie. Dans le monde, en Angola ou au Tchad par exemple, plus de 9 % des enfants meurent avant l’âge de un an, contre 0,2% au Luxembourg ou à Singapour.

Sans même évoquer la mortalité infantile, aujourd’hui dans le monde, près de 2 millions de bébés mort-nés sont enregistrés, soit un toutes les 16 secondes.

Quant à Louise Godet, point toutefois étonnant, elle aurait accouché, d’après ses dires, d’un enfant mort-né le 24 novembre 1891, mais ensuite, « aurait fait brûler l’enfant dans son fourneau ».

Le Petit Comtois, 22 décembre 1891, numéro 3055, p. 3.