Grands mots… Grands remèdes…

Que d’eau ! Que d’eau !

117
Gérard Bouvier.

Nous sommes au cœur d’une épidémie de fake news.
On doit consacrer des pages de journaux et des minutes d’antenne pour dépêtrer le vrai du faux et éradiquer les désinformations.

Il y a toujours eu des fake-news. Tartarin de Tarascon, la sardine du port de Marseille et les exploits des pêcheurs à la ligne étaient bon enfant, sans idée de nuire.
Parfois les fausses informations étaient des légendes sociales mélange de tendresse et de générosité : le Père Noël où la petite souris quand nous perdions nos dents de lait. Et les poissons d’Avril…

Nos vieux dictionnaires regorgent de mots témoins de ce besoin ancien d’enjoliver ou de transmuter la réalité.
Sornettes, Contes en l’air et Balançoire. Bobard, Canular, Bernicles et Fariboles. Billevesées, Calembredaines et Clabaudages. Craques, Croquignoles, et Arguties délusoires. Ça n’est pas d’aujourd’hui qu’on cherche à nous emberlucoquer.

L’intention était de faire s’étiaffer le gobe-mouche dans la rigole et c’était rigolo. Aujourd’hui on précipite le gogo dans l’abîme où il s’abîme et c’est navrant…

« Tout ce qui tient une plume s’est donné le mot pour embéguiner le peuple » écrivait Proudhon un jour qu’il était las des escobarderies, des hâbleries, et des raisonnailleries des poissards.
Notre Charles Nodier comtois disait : « 
le soir, j’ai l’habitude de lire tous les baliverniers pour me préparer à dormir ».

Jadis le bécasu entriolait le beuzenet en quelques mentes.
Aujourd’hui les réseaux sociaux ont remplacé la place du village. En un clic c’est toute une caramillée de couennots qui perd la calabre.

Voilà qui nous rappelle cruellement que le cerveau humain est constitué de 80% d’eau.