Grands mots… Grands remèdes…

Échalote

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Gérard Bouvier.

On connait l’eschalote depuis les années 1500. C’est une altération du latin ascalonia, qui désignait l’oignon rouge d’Ascalon, ville de Palestine.
Ascalon subit plusieurs sièges pendant les croisades. Le 12 aout 1099, les croisés emmenés par Godefroy de Bouillon fondent sur Ascalon. Ils mettent en fuite les 30 000 hommes du vizir qui n’était pas bon et ramènent chez nous l’oignon d’Ascalon qu’on baragouinera en échalote.

L’échalote fait pleurer tant son histoire est triste. Elle n’a pas su planter l’oignon connu depuis les romains. Un soir, Louis XV découvrit dans sa loge de chasse qu’il n’avait comme seul gibier que des oignons, du beurre et du champagne. Ce fut la première soupe à l’oignon® et elle passa à la postérité de façon assez gratinée.

Aujourd’hui le bulbe de cette liliacée potagère est surtout utilisé dans la tambouille électorale sous forme de « course à l’échalote ».

Le monsieur au fond, à moins que ce ne soit son hologramme, le SMIC à 1400€ ! Ici, j’ai 1 500€ ! Et le dame à ma droite, le SMIC à 2000€ ! Une fois, deux fois ! Qui dit mieux ? ! C’est la course à l’échalote.

L’expression peut sembler mystérieuse. Mais en argot l’oignon représente les fesses (d’où « ne t’en mêle pas, c’est mes oignons ! » pour chasser les impudiques). Et la « course à l’échalote » consistait à faire courir au diable vauvert, son ennemi juré en le tenant fermement par le col et par la culotte pour en faire façon.

Il y avait là tous les ingrédients d’une nouvelle compétition olympique et d’une série animée de Bugs Bunny. Hélas la compétition ne faut jamais homologuée, et le dessin croupit dans ses cartoons.

Si bien que la course à l’échalote resta un simple divertissement électoral très prisé des prétendants. Mais dont les spectateurs sont blasés.