Précarité étudiante : chiffres et solutions

La précarité étudiante a été largement soulignée durant les confinements et après ces périodes, et perdure en dépit des solutions gouvernementales mises en place. Toutefois, des bonnes idées émergent pour adoucir la vie des jeunes gens.

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La précarité étudiante est toujours d'actualité

Majoritairement, et durant les confinements successifs, les étudiants ont perdu leur emploi qui leur permettait de survivre, majoritairement dans la restauration. De plus, de nombreux parents ont vu leurs revenus diminuer et par conséquent, n’ont pu répondre aux besoins de leurs enfants en étude.

Pour faire face à cette crise, le gouvernement avait mis en place des solutions, notamment la création des repas à 1€ au CROUS, ouverts à tous, même les étudiants non-boursiers. Toutefois, cette mesure n’a pas été reconduite à la rentrée 2021, ce qui creuse davantage le désarroi des bénéficiaires. Les épiceries solidaires enregistrent de nombreuses demandes chaque jour émanant de public de plus en plus jeune. A cela s’ajoute une réelle détresse psychologique ressentie par 83% des étudiant.e.s* ; qui se traduit pour 27% par des pensées suicidaires. D’autre part, Jean Castex avait promis une réforme des bourses pour la rentrée 2021 mais elle n’a pas eu lieu. Il est bon de rappeler que 74% des étudiants n’y ont pas accès !

1 repas pour 1€

Cette détresse, Marina Sba l’a bien connue. Cette étudiante lilloise a sombré dans la dépression au premier confinement et a lâché ses études en psychologie avant de se mettre aux fourneaux. Cette activité compensatrice, Marina la partage sur les réseaux sociaux. Son but : permettre aux étudiants à la situation précaire de cuisiner des bons petits plats à moindre coût, savoureux et équilibrés. Elle partage ses recettes, ses bons plans, dans le but de venir en aide à ses pairs, durement touchés par la crise sanitaire. Avec des produits très accessibles et ses connaissances en diététique, elle élabore des menus répondant à sa devise : 1 repas 1 euro. Et ça fonctionne ! Des milliers d’étudiants la suivent sur sa page Instagram afin d’en apprendre plus sur la gestion du budget alimentaire, tout en cuisinant des plats sains et simples. « Pour suivre les cours, réviser, être productif, il faut être bien nourri. On rigole souvent de l’image de l’étudiant qui ne mange que des pâtes. Mais en réalité, c’est dramatique », confie la jeune femme sur son compte Twitter. Elle décide donc d’aller encore plus loin en créant un site internet recensant toutes ses recettes, contenant un générateur de menus, le tout saupoudré de trucs et astuces pour réaliser des économies dans bien des domaines. Cet ensemble de données connaît un vif succès auprès d’un public qui ne compte plus uniquement que des étudiants : familles, personnes vivant seules… la possibilité de réaliser des repas à petits prix séduit un très grand nombre d’internautes qui découvre là une façon efficace de réduire une charge mentale devenue de plus en plus pesante avec la crise sanitaire.

Marina Sba est à l’origine du concept d’un repas pour 1 euro. Crédit : Marina Sba

Outre ce sérieux coup de pouce, Marina interpelle les pouvoirs publics quant aux équipements présents au CROUS. Elle déplore le manque de fours et de congélateurs notamment, arguant que des légumes surgelés sont bien meilleurs que ceux en boîte. Ses actions continuent et vous pouvez retrouver tous ses trucs et astuces sur le site : www.1repas1euro.com

* Source : libération.fr, mai 2021