Jura. L’invité de la semaine : Florent Foucard

En juin 2023 le conseil de surveillance du CHS Saint-Ylie Jura a approuvé un schéma directeur immobillier, un programme ambitieux porté sur 15 ans que Florent Foucard, directeur de l'établissement nous présente.

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Florent Foucard est directeur du CHS du Jura depuis janvier 2019.

Florent Foucard, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est un schéma directeur immobilier ?

« Comme pour d’autres établissements publics, ce schéma qui a été approuvé par le conseil de surveillance donne au CHS du Jura le cap de ses principales opérations immobilières sur 15 ans. Comme un chemin en somme, que nous avons décidé de découper par tranches de 5, 10 et 15 ans. L’objectif pour nous est de réfléchir à la meilleure stratégie de modernisation de nos structures, toujours dans un souci d’améliorer la prise en charge de nos patients et la qualité de vie au travail pour nos soignants. »

Quelle est la première grande étape de celui-ci ?

« Tout d’abord, il y a notre projet le plus immédiat, celui-ci doit aboutir dans les 5 ans, il s’agit de la création d’un nouveau bâtiment pour accueillir notre URA (Unité de Recours en Addictologie), inauguré en septembre 2022.
Ce service propose une prise en charge de plusieurs formes d’addiction, il est hébergé dans le bâtiment des Hirondelles vieillissant qui ne répond plus aux besoins de l’unité. Nous allons construire des locaux neufs sur un terrain à quelques pas, plus adaptés, ils permettront d’élargir l’offre de soins avec une augmentation de la capacité d’accueil, de 10 aujourd’hui à 15 lits et 6 places en hôpital de jour.
L’autre avantage sera de pouvoir rapatrier l’unité dépression installée au centre de soins, La Belle Étoile à Pont-du-Navoy. Le coût estimé est de 9 millions d’euros, des discussions autour du financement sont en cours avec l’ARS (Agence Régionale de Santé) qui sera à nos côtés. J’espère que cette réalisation pourra voir le jour d’ici 3 ans. »

D’autres projets attendent le CHS du Jura ?

« Oui tout à fait ! D’ici 10 ans nous espérons moderniser nos unités Ehpad, Les Iris à Saint-Aubin et ses 40 places et les Aberjoux à Dole où des chambres individuelles font encore défaut. Dans le même temps nous souhaitons développer une UHR (Unité d’Hébergement Renforcée) accueillant nuit et jour des personnes âgées souffrantes de troubles sévères du comportement qui altèrent leur sécurité et qualité de vie notamment.
Les quinze prochaines années verront également la réhabilitation de l’unité d’hospitalisation au long court installée dans le bâtiment Mimosa. »

2024 verra déjà l’ouverture des appartements passerelle, pouvez-vous nous en dire plus ?

« Vous l’avez peut-être remarqué sur la route menant à la zone de Choisey, se trouve un bâtiment en travaux, nous sommes en train de totalement le rénover pour installer des appartements dit « Passerelle, » 8 studios en tout…
Leur utilité est simple : offrir à nos patients en fin de soin un premier lieu de vie, une sorte de sas qui leur permet d’accéder à l’autonomie complète en douceur, conventionné APL avec des restes à charge limités, des petits loyers seront demandés.
Une symbolique qui marque aussi une forme de retour à l’autonomie. Les travaux prendront fin à l’automne. »

Question d’actualité…Face à la pénurie de soignants, faut-il recruter au-delà des frontières ?

« A mon sens l’autorisation d’exercice des « Praticiens A Diplômes Hors Union Européenne » (PADHUE) n’est pas une mauvaise chose, ces personnes sont des médecins et leurs compétences ne sont pas à remettre en doute.
Nous bénéficions d’effectifs médicaux qui ne sont pas si défavorables, on arrive à recruter ! Evidemment nous avons des manques sur les infirmier(es) et aides soignant(es), on cherche à combler 6 postes. C’est pourquoi attirer des personnes passe par une communication autour de nos métiers, de bonnes conditions de travail et des perspectives de carrières. »