En parler de chez elle

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Gérard Bouvier.

Je vous parle souvent de la Marie-Madeleine Bailly-Salins. C’est une cancouane de mes amies à la langue bien pendue et dont les idées définitives sont souvent frappées du coin du bon sens.
Je pense le moment venu de vous en faire profiter dans cette rubrique consacrée aux grands mots et petites phrases.

Quand nous disons : « la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a », la Marie-Madeleine explique plutôt : « Tiens ! Vois-moi la Marinette toute dégouaillée qu’est encore de drâler derrière le presbytère » …

Au proverbe « Ça n’est pas aux vieux singes qu’on apprend à faire la grimace » elle préfère : « savez, z’étiez encore pas né que j’aurais déjà pu être votre grand-mère si ç’avait voulu ».

« La critique est aisée mais l’art est difficile ! », dites-vous.
Elle préfère : « Pousse toi voir un peu, pis donne un peu la main au lieu de te piller le nez en racontant des sottises ! »

« L’habit ne fait pas le moine… », devient chez elle :
« Vois le moi, ce traine-la-gaine tout débringuenaudé qui va encore à Vêpres gôné en tous les jours avec des rapponses plein sa biaude »

Elle dirait :
« La fille à l’Huguette elle sort du médecin. Elle attend qu’il lui a dit. Encore une qu’a fait Pâques avant les Rameaux. C’est quand même un monde ! De la paroisse, c’est la troisième de l’année à se retrouver avec un polichinelle dans le buffet et on est encore qu’à peine aux saints de glace. Ils auraient pu faire à la retirotte. C’est la moindre des choses ! Toute façon ç’en est une qu’y a rien à lui dire…

Je préfère dire comme George Sand :
Il n’y a qu’un bonheur dans la vie, c’est d’aimer et d’être aimé.
Ou comme Frédéric Dard : Si j’avais su que je l’aimais autant, je l’aurais aimée encore davantage.