Éditorial

Confiance réciproque

60

Donnée sociologique révélatrice de l’époque chahutée que nous traversons, la confiance dans les médias est au plus bas depuis 32 ans.
La télévision, média préféré des Français, recueille paradoxalement un niveau de confiance de seulement 38 % (-10 points en un an). La radio, le média auquel ils font traditionnellement le plus confiance, surnage à 50 % (-6 points).
La presse écrite s’effondre aussi à 44 % (-8 points), tandis que la confiance des Français dans les informations trouvées sur internet reste à un niveau très bas (25%).
Par ailleurs, près des trois quarts des sondés estiment toujours que les journalistes ne sont indépendants ni du pouvoir politique ni des pressions de l’argent…
Les individus interrogés reprochent notamment aux médias en général de “dramatiser les événements” (67 %) ou de laisser trop de place “à des gens qui expriment un point de vue extrême” (52 %).
La crise des gilets jaunes a vu les habitudes évoluer. Pour s’informer, les Français ont privilégié, dans l’ordre, les JT des grandes chaînes, la radio, les chaînes d’info en continu mais aussi Facebook, devant les grands titres de la presse quotidienne ou les grands sites d’information sur internet. Avec les dérives que l’on sait…
Car l’information comme sa racine latine “informare” l’indique, influe (donne forme, cisèle, détermine) la pensée de l’opinion publique.
Ainsi, si être un journaliste performant et réactif exige de vivre sur un rythme effréné permanent, il faut bien reconnaître que la fonction colore toutefois l’existence d’aspects passionnels et effervescents. Une passerelle autorisée vers un idéal évolutif et libérateur, avec lequel j’assume, pour ma part, flirter quotidiennement.
Ce qui nourrit la quête intellectuelle, philosophique ou idéologique du journaliste, puis du lecteur…
Pour ce faire, il m’arrive souvent d’aller dans certains “lieux de vie”, tôt le matin ou tard le soir, prendre le pouls de l’opinion publique. Que cela soit en centre-ville, en zone “périphérique”, ou autour d’une gare, là où se croisent sur le zinc devant le petit noir (ou d’autres breuvages), ouvriers du bâtiments, professions libérales, fonctionnaires, étudiants, couples illégitimes… : un authentique baromètre sociétal !
Cœur de cible d’un lectorat véritablement populaire, trop oublié des élites technocratiques et qui en vient aujourd’hui à manifester (non sans une certaine part de légitimité) sa défiance envers les institutions.
Qui plus est, ces instants “tranches de vie”, permettent de bénéficier du temps de recul nécessaire à l’exploration et la réalisation de documentaires sociétaux, transversaux, profitables à notre quête de sens.
Tel notre dossier de cette semaine s’attaquant ni plus ni moins, à l’approche du tabou numéro un de notre société : la mort !
Comme quoi, en définitive, qu’il s’agisse d’information, de la vie, de l’amour ou de la mort, cela se résume bien souvent à une histoire de confiance réciproque…