Éditorial

Le souvenir des jolies choses

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L’angélus de dimanche matin, résonne comme la fin de l’été.
Le nuage noir de la rentrée, assombrit les rives du canal,
On dirait que les éléments s’apprêtent déjà à mâchurer,
Les cartes postales, les amours mortes, le littoral et ses plages pâles.

L’angélus de dimanche matin, ne va même plus me réveiller.
Bien avant lui, j’irai, aux quatre vents, parcourir la campagne.
Bien avant lui, j’irai tâcher d’assimiler ce que l’on gagne,
Dans l’indifférence générale, à soi-même aller se heurter.

Partir seul, appréhender, ce divin frisson matinal,
S’enivrer du goût de l’effort, transformer la sueur en victoire.
Quand d’autres esprits sont terrifiés par la lueur des gyrophares,
Apprendre à relativiser, le rapport au phénoménal.

Aller où les tourments s’altèrent, admirer poindre leur déclin.
Quand vient la valse des regrets, sa lancinante mélancolie.
Quand resurgissent les souvenirs et se cultive leur nostalgie.
Que se profile déjà l’automne, la froidure, la nuit et le rien.

J’aime ce sentiment d’amertume, ce drôle de bonheur d’être triste,
Les premières cheminées qui fument, dans nos villages d’aquarelle.
Les vendanges, les champignons, ces indicateurs naturels,
Que voudraient tant voir disparaitre, quelques fascisants progressistes.

L’angélus de dimanche matin, résonne comme la fin de l’été,
Encore un exercice passé, à contempler sur le canal,
De drôles de zouaves névrosés par leur passeport vaccinal,
Qui désormais rentrent chez eux, sans être bien plus avancés.