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Devoir de mémoire

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C’est la dernière occasion, la seule chance, notre unique opportunité. Ensuite il sera trop tard, il ne servira plus à rien d’aller manifester dans la rue, de se plaindre sur le zinc du PMU ou d’aller déverser son amertume sur les réseaux sociaux…
Aussi, avant de m’apprêter à m’y résoudre, du moins à essayer de vivre avec cette sorte de fataliste résignation face à l’inéluctable déliquescence de notre époque et aux décadents travers qui la parasitent, il m’apparaît indispensable de rappeler que le bulletin de vote reste le moyen de contestation sinon d’opposition le plus efficace face à une idéologie à laquelle on se refuse de contribuer. Mais surtout, qu’avant d’aller glisser son enveloppe dans l’urne, il serait vraisemblablement utile de se remémorer lucidement tout ce qu’il nous a fallu endurer sans broncher depuis tant d’années, notamment les cinq dernières.
A commencer par les deux crises majeures des gilets jaunes et de la pandémie de Covid-19 qui nous ont conduit à subir moult injonctions contradictoires, déclarations tonitruantes, théâtralisées, larmoyantes, effets d’annonce, mensonges éhontés et toutes les conséquences préjudiciables qui en ont résulté.
Alors s’est révélée au grand jour une évidente malhonnêteté intellectuelle, un mépris permanent pour les contre-pouvoirs et plus généralement pour toux ceux osant se dresser contre la bien-pensance progressiste de l’extrême-centre…
Finalement, les années ont passé, beaucoup ont oublié. Et tant mieux pour eux s’ils y parviennent.
Mais qu’en
est-il de la hausse du pouvoir d’achat promise la main sur le cœur lors des « grands débats » ? Du démantèlement du système de santé qui persiste encore et toujours ? De la raréfaction des services publics dans nos territoires ruraux ? Du manque de moyens des forces de l’ordre, de la justice ou encore des enseignants ? Quid de la transition écologique ? Des transports, de la fiscalité ? Et surtout qu’en sera-t-il de cette fameuse réforme des retraites à venir ?
L’intérêt général n’existe plus, il laisse la place à l’agglomérat d’intérêts particuliers globalisés. L’important, ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage.
J’entends déjà dimanche soir, les différents lieutenants des diverses obédiences politiques nous expliquer la mine grave et le ton faussement préoccupé qu’ils « ont compris le cri de souffrance des Français », mais qu’il « ne faut pas céder à la tentation du pire » et que c’est promis, cette fois-ci (même si cela n’a jamais réellement fonctionné lors des précédentes tentatives), si on leur accorde notre confiance (c’est à dire nos voix), tout ira mieux…
Un peu comme certains fournisseurs d’accès internet qui, lorsque vous arrivez à échéance de votre contrat, très mécontent de leurs services inopérants et souhaitez opter pour la concurrence, tentent de vous offrir un mois gratuit, pour mieux vous en refacturer ensuite 11 ou 21 à taux plein !
Avant d’aller mordre à l’hameçon, le devoir de mémoire s’impose. Demain se décide aujourd’hui…